Par la vie qu'il a reçu, qu'il porte et qu'il
pourra donner à son tour, l'enfant est au coeur de la
transmission. Bien au delà de la seule vie biologique, l'enfant
n'est en devenir que par la richesse des transmissions ( biologique,
psychique, symbolique, culturelle, morale) dont il est l'objet, qui le
structurent et avec lesquelles il doit rompre tout en les
perpétuant.
Et pourtant, comme le dit Catherine Chatelier, " en
Occident, la transmission est en crise, et les
générations nouvelles semblent parfois abandonnées
à leur sort". L'individualisme, la liberté, la
démocratie remettent en question les valeur de la transmission
dans nos sociétés modernes. Les repères qui ont
structuré la société depuis des décennies
sont remis en cause, dépassés, pour qu'advienne une
"société renouvelée" qui se voudrait libre de ce
qu'elle considère souvent comme les entraves du passé.
Quels sont alors le rôle et la pertinence de la
transmission dans ce contexte? Comment les transformations de la
place de la transmission se révèlent-elles ou non
dans la clinique et en quoi modifient-elles nos pratiques en
psychiatrie et auprés des enfants fragilisés? Quelles
sont les nouvelles places données à la transmission dans
les autres domaines que celui de la vie psychique: développement
de l'enfant, maladies génétiques, pédagogie,
médias, société, etc.?
C'est dans la perspective d'apporter des
éléments de réponses à ces questions que
les 73èmes Journées annuelles de la Société
Française de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent et des
Disciplines Associées (SFPEADA) se proposent d'interroger
différents champs de la transmission, leur pertinence dans
certains grands domaines de la vie , à travers des
analyses de professionnels venant d'horizons et de disciplines
différents.
L'humanité du début du XXIème
siècle, en cherchant à se libérer du poids de la
transmission, peut-elle pour autant en ignorer le rôle
fondamental et toujours structurant pour l'enfant?