12 ateliers sur Psychiatrie et la Santé mentale

Le 10 octobre 1998, à l'occasion de la Journée Internationale sur la Santé Mentale, B. Kouchner propose un large débat qui associe non seulement l'administration et les professionnels mais aussi la société civile.

Un groupe de travail est constitué autour de chaque thème, dont l'objectif est de mener une réflexion et de proposer un premier ensemble d'actions concrètes. Il s'agira ensuite que des réunions régionales poursuivent et améliorent ce premier jet.

Vous êtes convié à participer personnellement ou en groupe à ce projet dont l'ensemble pourrait bien constituer la base d'un livre blanc. Le premier bilan se fera à l'occasion des États généraux de la santé début 1999

Vos réponses seront affichées sur Psydoc-Fr et transmises à la DGS, si vous en faites la demande.




Atelier n° 11 :

JOURNEE DE TRAVAIL DU 10 OCTOBRE 1998 SUR LA SANTE MENTALE

LE CHAMP DE L’ÉVALUATION ET DE LA RECHERCHE




Argument :

Les évolutions des structures en psychiatrie ne peuvent être qu'un corollaire de l'évolution des pratiques, des modèles théoriques et des connaissances validées qui les sous-tendent. Ainsi, les interrogations actuelles sur les structures de la psychiatrie publique proviennent en grande partie de l'évolution des demandes sociales qui lui sont adressées et des nouveaux modes d'intervention qui se sont peu à peu dégagés d'hypothèses générales et de données d'expérience.

La psychiatrie française a exploré et mis en œuvre au cours du dernier quart de siècle, de façon exclusive ou intégrée, différentes approches : institutionnelles, communautaire, systémique, pharmacologique, psychothérapique pour ne citer que les principales. Parallèlement, la recherche épidémiologique et fondamentale a totalement remis en question le paradigme de la causalité unique dans l'émergence d'un trouble et a permis l'identification de facteurs de risque à la fois individuels et d'environnement psychosocial. Cette approche plurifactorielle ouvre dans un grand nombre de cas la possibilité d'interventions précoces ou d'actions médicales et sociales qui peuvent être particulièrement efficaces à un moment donné et seront susceptibles de transformer l'évolution spontanée d'une trajectoire. A ce niveau, le soin ou l'action sociale deviennent prévention secondaire de troubles plus graves qui auraient été dépistés ultérieurement, à leur phase d'éclosion ou d'état. Un cas particulièrement significatif est celui de la dépression maternelle et des interactions précoces. Mais la question se pose aussi dans les même termes avec les troubles du développement de l'enfant, la tentative de suicide de l'adolescent, la décompensation psychotique, la dépression chez l'adulte, les dépendances, les troubles de la sénescence. Un troisième type d'interventions est susceptible de modifier radicalement l'évolution spontanée et le fardeau individuel et familial de souffrance qui sont associés à un trouble psychiatrique : c'est tout ce qui concerne ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui la réhabilitation et la qualité de vie et s'appuie sur la réflexion menée sur le handicap.

Tous ces domaines ont fait et font en France l'objet d'actions particulièrement innovantes. Malheureusement, elles ne sont qu'exceptionnellement évaluées, avec le risque de n'être que des initiatives individuelles passagères. Il est aujourd'hui de la responsabilité des cliniciens et des pouvoirs publics d'avoir une action volontariste en matière de recherche clinique et d'évaluation des pratiques. Cette action est de nature à dynamiser la discipline médicale et à répondre à l'attente sociale qui est en droit d'être assurée de pouvoir bénéficier partout des meilleurs soins dans l'état actuel de l'art. Cette évaluation doit pouvoir se situer dans tous les champs cliniques, qu'ils soient hospitaliers, de secteur ou de cabinet selon des procédures émanant de la collaboration entre cliniciens et chercheurs méthodologistes.

L'atelier pourra s'attacher à définir pourquoi l'évaluation est une nécessité en psychiatrie, quelles peuvent être les étapes de sa mise en place et les partenariats nécessaires, les options institutionnelles et structurelles qu'il faudrait soutenir.



Questions :


- comment faire démarrer la recherche clinique sur l’évaluation des pratiques dans les lieux de soin où elle est très faiblement implantée ou absente : CHS, secteurs extra-hospitalier, associatif et libéral.
- est-il nécessaire de concevoir une structuration de base au niveau local ? De quel type ? Pour quelle durée ? Quels liens avec les unités de recherche et les CHU ? Quelle gestion ?
- quels services communs (documentation, formations, banques de recherches en psychiatrie, pré-expertise,…) mettre en place ou renforcer ?
- comment assurer une animation, une coordination et meilleur suivi des actions au niveau national ?

Vos commentaires, informations et propositions (seront affichés sur un forum permanent de Psydoc-Fr)


Dernière mise à jour : 16 octobre 1998

Dr Jean-Michel Thurin
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