12 ateliers sur Psychiatrie et la Santé mentale

Le 10 octobre 1998, à l'occasion de la Journée Internationale sur la Santé Mentale, B. Kouchner propose un large débat qui associe non seulement l'administration et les professionnels mais aussi la société civile.

Un groupe de travail est constitué autour de chaque thème, dont l'objectif est de mener une réflexion et de proposer un premier ensemble d'actions concrètes. Il s'agira ensuite que des réunions régionales poursuivent et améliorent ce premier jet.

Vous êtes convié à participer personnellement ou en groupe à ce projet dont l'ensemble pourrait bien constituer la base d'un livre blanc. Le premier bilan se fera à l'occasion des États généraux de la santé début 1999

Vos réponses seront affichées sur Psydoc-Fr et transmises à la DGS, si vous en faites la demande.




Atelier n° 1: Santé publique, santé mentale, psychiatrie


Argument :

Alors que l'état de santé des français est globalement bon et l'espérance de vie à la naissance élevé (74 ans pour les hommes, 82 ans chez les femmes), la collectivité n'a jamais été soucieuse à un tel degré de sa santé et de sa qualitéde vie.

Dans le même temps, la santé dans sa conception actuelle "état complet de bien être physique, mental et social" au delà de l'absence de maladie et d'incapacités comme la définit l'OMS, ouvre largement le champ à des interlocuteurs diversifiés :

- spécialistes en santé mentale (psychiatrie) ;
- acteurs de santé corps médical et social ;
- population dans son ensemble, qui de plus en plus, demande être informée (éducation pour la santé dès le plus jeune âge, connaissance des lieux de recours précoce en cas de difficultés psychologiques, consultations préventives ...).

La quête du "bien être" n'est-elle pas, en tout premier lieu, une recherche éminemment personnelle, recherche de son autonomie, du sens apporté à son existence et à sa liberté ?

La psychiatrie fortement sollicitée par le corps médico-social est, du fait de cette évolution, vécue parfois comme pression, voire menace d'absorption, amenée à expliciter ses limites et ses zones d'articulation avec les autres champs : social, judiciaire, médical, culturel...

Elle trouve son identité dans la nature de son intervention centrée sur le soin aux maladies mentales et, plus largement, par la prise en charge de toute souffrance psychique individuelle ou collective et ne pourrait se satisfaire d'une seule fonction de contrôle social qui lui est trop souvent, injustement attribuée.

Travailler les représentations qu'ont de la maladie le médecin, les malades et la société semble nécessaire pour permettre à chacun de trouver sa place.

La pluridisciplinarité et l'articulation des intervenants (ville-hôpital, public-privé, associatif ...) est à privilégier quand on sait que par exemple :

- plus de la moitié de la population consomme de l'alcool, du tabac et des médicaments psychotropes (prescrits de 2 à 4 fois plus souvent que partout en Europe),
- les courbes du taux de suicide sont souvent parallèles à celles du taux de chômage,
- la question de la consommation des toxiques illicites est également posée.

Un travail récent "Consommation de psychotropes et morbidité en population générale: indicateurs de santé mentale" met l'accent sur l'influence de déterminants issus de données démographiques, géographiques, économiques et sociales corrélées à l'état de santé (insuffisamment pris en compte à ce jour) et à des événements de vie personnels fragilisants.

Ainsi la demande croissante face à la souffrance psychique démultiplie à l'infini les lieux et modes d'intervention des acteurs et des équipes dans le cadre de missions de santépublique qui dépassent largement le seul exercice de la psychiatrie.
Prévention, soins et recherche sont à développer pour promouvoir, veiller à soutenir, apporter du soin en santé mentale

Questions :

1. Des approches et des actions sont à développer pour la prévention et l'identification précoce des
difficultés : quelle politique, quelles missions pour les acteurs déjà présents en santé publique et quelle
organisation définir pour y parvenir ?

2. Comment prendre en compte les points de vue, les attentes, et les préoccupations exprimées par la
population et par ses élus ? Comment l'articuler avec l'approche des professionnels ?


3.Comment inscrire la santémentale dans une perspective large de santé publique articulant santé physique, psychique et sociale ? Ceci renvoie une réflexion sur la place et le réelle des différents partenaires.

4. Quels enseignements et quels bénéfices tirer des actions déjà réalisées dans ce domaine? Comment
reprendre en compte, faire connaître et démultiplier les expériences pilotes?

Vos commentaires, informations et propositions (seront affichés sur un forum permanent de Psydoc-Fr)


Dernière mise à jour : 16 octobre 1998

Dr Jean-Michel Thurin
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