Le 10 octobre 1998, à l'occasion de la Journée Internationale sur la Santé Mentale, B. Kouchner propose un large débat qui associe non seulement l'administration et les professionnels mais aussi la société civile.
Un groupe de travail est constitué autour de chaque thème, dont l'objectif est de mener une réflexion et de proposer un premier ensemble d'actions concrètes. Il s'agira ensuite que des réunions régionales poursuivent et améliorent ce premier jet.
Vous êtes convié à participer personnellement ou en groupe à ce projet dont l'ensemble pourrait bien constituer la base d'un livre blanc. Le premier bilan se fera à l'occasion des États généraux de la santé début 1999
Vos réponses seront affichées sur Psydoc-Fr et transmises à la DGS, si vous en faites la demande.
Argument :
Deux aspects majeurs sont concernés :
- conjoncturel : l'accueil en structures médico-sociales de patients actuellement hospitalisés en
psychiatrie, de façon inadaptée, depuis parfois plusieurs années,
- structurel : l'articulation du sanitaire et du médico-social en termes de complémentarité.
L'aspect conjoncturel
La prise en compte de la dépendance aboutit à la prise de conscience de l'obligation de résoudre le problème, de l'insuffisance des moyens de résolution extérieurs aux établissements psychiatriques et donc de créer les outils nécessaires.
La délimitation entre ce qui relève du sanitaire prépondérant et ce qui relève du médico-social ne peut s'appuyer que sur des arguments techniques (sanitaires et médico-sociaux) en sachant que des options théoriques diverses doivent s'incliner devant une politique de santé mentale clairement définie.
L'aspect structurel
La complémentarité implique une pratique de liaison des secteurs psychiatriques et des
structures médico-sociales, toute alternative médico-sociale offrant des lieux coordonnés capables de répondre à l'ensemble des états de dépendance, en maintenant des flux de patients et des échanges de compétence. Il ne s'agit, en aucun cas, d'un abandon mais d'un élargissement des missions des établissements sanitaires permettant de compléter un dispositif, ainsi, élargi. La sectorisation psychiatrique, domaine sanitaire, ne doit pas se cantonner à des prestations ponctuelles de soins, mais à un travail régulier, en réseau, concernant des lieux d'hébergement de projets concernant qualité de la vie et la réinsertion.
Le dispositif sanitaire se trouve en perte de crédibilité auprès des structures médico-sociales qui
l'accusent de ne pas mettre suffisamment en oeuvre sa technicité pour leurs résidents et de procéder à des retours prématurés. En retour, les services de psychiatrie ont pu accuser le médico-social, de générer ses crises, de se défausser sur le sanitaire amené à être en péril par un transfert inadapté de certains de ses pensionnaires. Si un tel contentieux demeure, tout partenariat réel apparaît impossible.
Une connaissance mutuelle s'impose, dans le respect de chacun, afin que l'éducatif ne soit plus
saturé par de la pathologie non traitée, afin que le soin ne se résume pas une absence d'objectif d'intégration conduisant à systématiser la régression. Le sanitaire ne doit plus être du médico-social de technicité éducative limitée.
Des objectifs s'imposent donc à court terme : recentrer le sanitaire sur le soin, le médico-social
sur la qualité de vie, s'y aider mutuellement, travailler plus ensemble, fixer pour cela des échéances, utiliser au mieux les compétences
Questions :
1 - Comment dépasser le clivage actuel entre sanitaire et médico-social ?
2 - Les établissements publics doivent-ils et sont-ils en mesure de gérer et de créer des structures médico-sociales ?
3 - Quelles mesures d'accompagnement doit-on envisager ?
4 - Quels outils de coordination doit-on instaurer entre les deux dispositifs ?
Dernière mise à jour : 16 octobre 1998 Dr Jean-Michel Thurin