Le 10 octobre 1998, à l'occasion de la Journée Internationale sur la Santé Mentale, B. Kouchner propose un large débat qui associe non seulement l'administration et les professionnels mais aussi la société civile.
Un groupe de travail est constitué autour de chaque thème, dont l'objectif est de mener une réflexion et de proposer un premier ensemble d'actions concrètes. Il s'agira ensuite que des réunions régionales poursuivent et améliorent ce premier jet.
Vous êtes convié à participer personnellement ou en groupe à ce projet dont l'ensemble pourrait bien constituer la base d'un livre blanc. Le premier bilan se fera à l'occasion des États généraux de la santé début 1999
Vos réponses seront affichées sur Psydoc-Fr et transmises à la DGS, si vous en faites la demande.
Atelier n° 7
JOURNEE DE TRAVAIL DU 10 OCTOBRE 1998 SUR LA SANTE MENTALE
SANTE MENTALE ET MEDECINE
Argument :
Une étude du CREDES, en 1992, montre que 42 % des personnes dépressives ont d'abord
recours au médecin généraliste. Une autre étude (enquête santé 1991-1992) montre que 85 % des psychotropes sont prescrits par les généralistes. Une étude sur le suicide des adolescents montre que 50 % des adolescents, faisant une tentative de suicide, ont vu un médecin généraliste dans les 8 jours précédant leur geste.
La demande de soins est complexe
Complexe dans le sens où la complexité est la multiplication des paramètres à gérer. La personne qui consulte pour une problématique qu'elle perçoit comme psychologique, fait son choix en fonction des critères inhérents à son histoire. Son parcours dans le système de soins va dépendre d'événements multiples, notamment de la capacité qu'a le professionnel choisi de produire une réponse adaptée.
Mais quelle que soit la nature du problème, la porte d'entrée dans le système de soins peut
être médicale (pathologique/organique) ou fonctionnelle, psychologique ou sociale.
Le système de soins s'est construit selon des modalités qui permettent difficilement l'adaptation de la réponse à la réalité du problème exprimé. Ce qui conduit trop souvent la personne malade à faire elle-même l'effort de s'intégrer au système, ce qui engendre des réponses inopportunes
voire de l'exclusion.
La persistance actuelle de conflits de territoires, de conflits de compétences entre professionnels, la sectorisation, la dichotomie public/privé, la médicalisation excessive, rendent
chaotique l'itinéraire de soins de la personne malade.
Le mal-être psychologique qui se nourrit de différents traumatismes est modifié par la
réponse qu'il reçoit du système de soins. Cette modification tend à éloigner les autres acteurs de la société de la problématique psychiatrique, ce qui accentue le cloisonnement entre intervenants
La place du médecin généraliste est ambivalente : doit-il "contenir" le problème
psychologique dans le système psychiatrique ou doit-il favoriser le décloisonnement ?
Comme la réponse médicale psychiatrique est, pour l'essentiel, captive de la relation duelle,
la solution la plus aisée est de concevoir comme exclusive la réponse psychiatrique médicale.
Le travail engagé au sein de l'atelier doit permettre d'annoncer la réflexion sur les nécessaires
modifications à apporter à l'offre de soins pour reconstruire une intervention transversale qui donne une place aux acteurs socio-culturels et qui établisse une cohérence de santé pour la maladie mentale
Questions :
1 - Quelle est la place du médecin généraliste face à une problématique du mal-être ?
2 - La réponse psychiatrique est-elle exclusive en santé mentale ?
3 - Comment réinterroger les pratiques des acteurs médico-sociaux pour reconstruire une cohérence de santé face à la maladie mentale ?
Dernière mise à jour : 16 octobre 1998 Dr Jean-Michel Thurin