Le 10 octobre 1998, à l'occasion de la Journée Internationale sur la Santé Mentale, B. Kouchner propose un large débat qui associe non seulement l'administration et les professionnels mais aussi la société civile.
Un groupe de travail est constitué autour de chaque thème, dont l'objectif est de mener une réflexion et de proposer un premier ensemble d'actions concrètes. Il s'agira ensuite que des réunions régionales poursuivent et améliorent ce premier jet.
Vous êtes convié à participer personnellement ou en groupe à ce projet dont l'ensemble pourrait bien constituer la base d'un livre blanc. Le premier bilan se fera à l'occasion des États généraux de la santé début 1999
Vos réponses seront affichées sur Psydoc-Fr et transmises à la DGS, si vous en faites la demande.
Atelier n° 8 :
JOURNEE DE TRAVAIL DU 10 OCTOBRE 1998 SUR LA SANTE MENTALE
COMMENT LE SECTEUR DOIT-IL EVOLUER POUR REPONDRE AU MIEUX
AUX BESOINS DE LA POPULATION ?
Argument :
Les trois objectifs fondamentaux du secteur correspondent à la conception française
de la psychiatrie communautaire :
- promotion d'actions propres à éviter l'émergence, le développement et la persistance
d'affections mentales (prévention, soins ambulatoires, hospitalisation, réadaptation, insertion
sociale des malades mentaux) ;
- rapprochement des lieux de soins de la population (accès aux soins et continuité des soins
facilités, maintien des malades dans le tissu social) ;
- coordination entre les acteurs de santé et les autres intervenants de la communauté dans le
champ de la santé mentale.
Ces trois objectifs et leur traduction en matière d'organisation (découpage du
département en secteurs géographiques à l'intérieur desquels une équipe pluridisciplinaire assure, pour tous les patients, la continuité de la prise en charge, à tous les stades de la
maladie), ont été définis par la circulaire du 15 mars 1960, développés et précisés dans les années 1970 et ont reçu une assise légale par les lois du 25 juillet et du 31 décembre 1985.
Ce dispositif, placé sous la responsabilité des établissements de santé assurant le service public hospitalier et financé dans son ensemble (services d'hospitalisation et structures extra-hospitalières) par l'assurance-maladie, a favorisé le développement des prises en charge
alternatives à l'hospitalisation.
Le Conseil économique et social, dans son avis adopté le 2 juillet 1997, notait que ces grands principes étaient toujours d'actualité, le secteur devant demeurer le centre du dispositif
de prévention et de soins des maladies mentales et des troubles psychiques.
Cependant cette politique de sectorisation est loin d'être achevée et il est nécessaire
de s'attacher à :
- améliorer l'adaptation de l'offre de soins au plus près de la population (réponse à l'urgence psychiatrique, psychiatrie de liaison, consultations avancées dans les structures médico(tm)sociales, développement des centres médico-psychologiques...) ;
- s'organiser efficacement et mettre en place un réseau pluripartenarial pour mieux prendre en compte les problématiques de santé publique et répondre à des demandes nouvelles,
notamment la souffrance psychique des adolescents, des jeunes adultes, des exclus, les
tentatives de suicide, l'aide aux victimes...;
- faire évoluer le nombre de lits et places d'hospitalisation en fonction des besoins de la
population et rénover les lieux d'hospitalisation ;
- développer les soins de réadaptation ;
- faciliter la réinsertion des malades mentaux dans un environnement social adapté ;
- passer d'une politique de soins à une véritable politique de santé mentale intégrant la
prévention c'est-à-dire les risques d'atteintes au bien-être psychique des individus ;
- promouvoir la recherche clinique.
Cette politique de santé mentale nécessite une organisation coordonnée, tant en matière de prise en charge hospitalière et/ou ambulatoire que d'interventions dans la communauté, en
partenariat avec les autres acteurs des champs sanitaire, social et médico-social.
Questions :
1- Quelles sont les objectifs et les missions (classiques ou plus récents) prioritaires de la
psychiatrie publique?
2- Quelles évolutions organisationnelles et fonctionnelles sont-elles nécessaires pour répondre
au mieux à ces missions ?
En intégrant les nouveaux outils et exigences apportés par les ordonnances de 1996, quels
sont les leviers privilégiés pour mener à bien l'adaptation souhaitée ? La création d'établissements publics de santé mentale est-elle de nature à favoriser cette adaptation ?
Comment concilier le respect des principes de la sectorisation (découpage géo- démographique, proximité et continuité des soins) avec le développement d'organisations ou de services intersectoriels ?
Quelles sont les principales difficultés rencontrées par le réseau que constitue le secteur
psychiatrique pour s'articuler avec les autres partenaires et réseaux des champs sanitaire, social
et médico-social?
Dernière mise à jour : 16 octobre 1998 Dr Jean-Michel Thurin