États généraux de la Santé mentale


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Atelier 1 : Santé publique, santé mentale, psychiatrie

- Il y a 40 ans on se posait deja les mêmes questions


Atelier 2 : Légitimité, contours et limites des interventions de la psychiatrie face aux nouvelles demandes apparues dans le champs social

- Comment élargir les missions de la psychiatrie, alors qu'on diminue le nombre de psychiatres ? (Dr Sarrey)


Atelier 2 : Prévention en santé mentale

- N'est il pas absurde de développer le dépistage alors que les filières d'aval sont saturées ?

- Est ce que tout cela n'est pas utopique et autoleurrant a l'heure des restrictionc drastiques de moyens ? (Dr Bourgeois)

-En matière de prévention du suicide par exemple, les programmes ayant montré une certaine efficacité sont ceux qui ont mis l'accent sur la formation à la détection et au traitement de pathologies psychiatriques, par des professionnels non spécialisés (généralistes) ! (Dr M. Robin) - Comment élargir les missions de la psychiatrie, alors qu'on diminue le nombre de psychiatres ? (Dr Sarrey)

- Difficile sans contacts ou relations. (Dr Souede)

- Pouvez-vous définir les réseaux de soins, et donner des références de textes permettant d'approfondir le sujet. (Dr Laemmer)


Atelier 4 : L'articulation des domaines sanitaire et social pour un travail en réseau en psychiatrie

- Merveilleux, de parler de réseaux mais nos internes se mettent en grève pour être payés. Nous avons eu plusieurs grèves d'internes (souvent à titre étranger) qui n'étaient plus payés (Dr Scapa)

- Qu'est-ce que le conseil de secteur ? (Dr Debardy)

- Le fait qu'il y ait des problèmes dans un endroit ne doit pas remettre les efforts dans d'autres domaines, c'est trivial, non ? (Dr Le Vaguerèse)

- Pourquoi sépare t on les points d’écoute spécialisées des points d’écoute jeune ? (Dr Debardy)

- La psychiatrie sociale peut elle faire l'impasse sur les choix politiques, et dans quelle mesure s'impliquer dans la cité sans se politiser ? Par exemple, créer un lieu d'accueil dans un quartier c'est: écrire à mon député ? ou contacter l' A.S. de secteur qui me renvoie à la municipalité ? (Dr Sou)

- Les psys sont déjà dans le médico-social, depuis vingt ans, et ils constatent que les médicao sociaux sont de moins en moins médical (Dr Debardy)

- Quand est-il du secret médical lors du travail en réseau (Dr Thomas)

- Que pensez vous des annexes 24 ?

- Tout mettre sous les indications de la CDES serait se mettre dans une situation totalitaire, sans solutions par rapport à l'amendement Crotton (Dr Lantran)

- Nous aurions peut-être tendance à privilégier la notion de contacts, d'engagement et d'interactivité personnels dans la notion de réseau. Le ministre a-t-il une vision du réseau qui aille réellement au-delà des possibilités de la simple inter-connection informatique de type RSS ? (Dr Schiff)

- Que penser de la disparition de la formation spécifique des infirmiers qui exercent en psychiatrie ? (Dr Lavoine)

- Quel rôle pour le monde associatif (médico-social) dans le travail en reseau ? (Dr Ross) - Intervention dans l'atelier 4 des 12 questions ... (Dr Chavaneau. 21/12/98)
Les fantômes des asiles d'antan laissent place à une Psychiatrie aujourd'hui presque banalisée aux yeux du public. Ce qui ne signifie néanmoins pas qu'elle a trouvé une place dans la société. Force est de constater que les temps ne sont plus à l'enthousiasme suscité par la diversité ds courants qui ont enrichi notre discipline. La Psychiatrie fait face à des pressions administratrives et politiques qui tentent de la noyer dans la sauce sociale, juridique et gestionnaire pour finalement faire disparaître son essence première.
Parmi les missions tous azimuts qui nous incombent, en voici une qui concerne d'ailleurs toutes les professions de santé: la précarité (selon la loi de Juillet 98 qui parle "d'objectif prioritaire" pour "l'accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies").
Mais qu'entend-on par précarité?
Surement pas le seul problème des revenus, mais comme l'a souligné Joseph Wresinski devant le Conseil Economique et Social en 1987, "la perte d'une ou plusieurs sécurités permettant aux personnes et aux familles de jouir de leurs droits fondamentaux". La définition a le mérite de laisser entrevoir que les facteurs sont multiples, enchevêtrés, mais que le résultat est toujours le même: la perte pour une personne de son statut de Sujet.
Et alors, en Psychiatrie?
On voudrait en faire un diagnostic... Mais alors ne prolonge t-on pas, après les concepts de "constitutions", de "psychopathies", ou autres "familles sans qualités", "familles à risque", le discours eugéniste de Magnan au XIXe siècle sur les dégénérés ?
On parle dans les S.R.O.S. d'une catégorie sociale particulière, dont il s'agirait de répondre aux besoins spécifiques par des "protocoles d'intervention multidisciplinaires"... La frontière est tellement floue entre la nécessité d'intervenir et une toute puissance réparatrice qui persiste à confisquer à quelqu'un sa place de sujet. N'en est-on pas parfois, sous couvert de l'éthique du "bien-faire", à chercher à détruire ce qu'on ne tolère pas chez l'autre? (non pas uniquement dans ce qu'il a de différent, mais dans ce qu'il a d'à la fois semblable et différent, pour reprendre la formule de Jankélévitch).
Ne nous laissons pas envahir par le prêt-à-penser des classifications sociales ou diagnostiques, qui au nom de l'objectivité et de la communication, appauvrissent notre discours jusqu'à faire de nous les complices d'un totalitarisme purificateur.
S'il y a une précarité à aborder, c'est celle qui se situe du côté de notre pratique de la Psychiatrie. Lorsque malgré un travail de titan, nous sommes en échec. Lorsque nous ne parvenons à entendre la demande. Lorsque le contrat médecin-patient ne tient pas.
Depuis toujours, nous sommes confrontés à des patients, des familles qui nous exposent à notre propre précarité de thérapeutes. À tous les sens du terme, celle des moyens financiers comme celle de notre capacité à rêver...


Atelier 6 : Les articulations entre les secteurs privé, public et associatif

- Nous le faisons déjà : des réseaux fonctionnels privé - public sont déjà en place (Dr Debardy)

- La plus grande difficulté reste la pérennité des réseaux "spontanés" et ce, une fois que la question des objectifs communs pour la personne en demande d'aide, de la définition des limites des champs de compétence de chacun est connue et respectée par chacun. Cela n'empêche pas le respect du secret. Mais ce qui reste problématique ce sont les financements. Participer à un réseau demande de l'écoute et du temps. Je suis psychiatre public et je ...

- Je viens de faire un mini sondage : 70 % des psy ici ont un exercice mixte (hosto et lib) le reste moitié / (Dr Scapa)

- Le privé peut-il avoir accès à des pratiques alternatives (Dr Masquin)

- On a l'impression dans mes institutions IMPet IMPro que le CH cherche à orienter les enfants autistes dans la défectologie : les pathos chroniques sont moins gratifiantes et les Associations de Parents préfèrent "l'école" aux soins psy. (Dr Sou)

- Pour plus de précisions , quant à la question du Dr Laemmer, existe-il déjà des textes organisant les réseaux ou bien cette notion n'est-elle qu'un voeu pieux ??... ou bien s'agit-il d'une pratique exercée "à son insu" par tout psy habitué à entretenir de bonnes relations avec les intervenants médico-sociaux de son environnement ? (Davy)

- Réseau = fillière de soin ? (Dr Toneguzzi)

- Je travaille avec un réseau qui est passé d'une forme "spontanée" à une forme associative. La difficulté n'est plus entre partenaires, mais au niveau des financements : en effet regroupant des structures du social et des structures sanitaires, le réseau est "atypique" Le réseau n'est pas seulement composé de professionnels de" bonne volonté" mais aussi d'institutions. (sv)

- Serait-il possible d'avoir des précisions sur la structure détaillée du réseau dont parle SV ? (Dr Schiff)

- Réponse du Dr S. Vétois au sujet de la structure détaillée du réseau :

un peu long de détailler depuis 95 .

L'historique : insatisfaction de tous les partenaires en particulier sur le flou existant sur les limites des champs de compétences de chacun, sur les limites des interventions possibles de chacun, des professionnels et des institutions..., le décalage ressenti entre les demandes des usagers et les possibilités de réponses, bref la nécessité de travailler plutôt ensembles, journées "formation, information" à l'initiative de la délégation RMI.

En parallèle, mises en place concrètes d'interventions multipartenariales coordonnées pour des personnes en "grande difficulté", mise en place par le Secteur de psychiatrie d'accueils "décentralisés"(càd ailleurs qu'en CMP) pour favoriser et accompagner une demande de soins des personnes, regroupements institutionnels (du côté des structures d'hébergement).

Les premières mises en place : groupes de réflexion (autour des jeunes 15-25 ans, du suicide, de la précarisation, quels pb rencontrent les généralistes, quels outils....etc..) , nécessité que le groupe se formalise (association, qui serait un lieu de réflexion,de centralisation et de coordination des actions et initiatives des différentes institutions. En effet, la pérennisation des subventions est un problème et il nous a semblé plus judicieux que les projets et les mises en place nécessaires se fassent par les institutions elles-mêmes et ce à partir de l'existant), édition d'un annuaire des professionnels (qui fait quoi et comment, puisque un des pb était "on ne se connaît pas". Bien évidemment tout ce travail a permis de se connaître, de reposer les cadres d'interventions de chacun, de réfléchir à la notion de secret professionnel et les limites de son partage...etc., surtout de resituer la personne, la famille comme LE ou LA PARTENAIRE responsable). Une tentative de formalisation du travail effectué a été présentée aux Journées de l'ORSPERE en oct97

L'association : elle est composée de personnes de différentes structures y compris des médecins libéraux et d'institutions, en particulier l'hôpital, les structures d'hébergement, l'UDAF.... Le moteur a été au début la délégation RMI. R3S "Social, Santé, Soins" n'est donc ni un réseau social ni un réseau sanitaire. Le réseau a pu obtenir quelques subsides pour engager un "coordinateur". Elle a participe à des groupes de la DDASS en particulier pointer la nécessité de définir des termes comme précarisation, précarité, désinsertion, réinsertion, exclusion,resocialisation.... car il semble nécessaire d'avoir un minimum de langage commun et d'objectifs communs R3S ne veut pas être un "palliatif" au manque de moyens, ni se "substituer". Il y a, pour le réseau, la nécessité d'un maillage transversal .

Dr S. Vétois

- Quelle est la place du privé dans cette politique ? (Dr Masquin)

- Au cours de mes stages d'interne j'ai entendu dire qu'il n'y avait de psychiatrie que publique. Combien partagent encore ce point de vue? Après six années de psychiatrie "publique", j'ai découvert la pratique libérale avec une sorte de surprise... Eh bien ,elle existe ! (Dr Schiff)

- Aucune clarté (a part commerciale?) sur les conséquences de la mise en place d'un top 50 des Établissements psychiatriques. Aucun recul dès lors sur les représentations psychiques de la souffrance du sujet, hormis une place de consommateur. (Dr Lantran)


Atelier 7 : Santé mentale et médecine générale

- Pourquoi de nombreux DU sont-ils interdits aux médecins généralistes ? (Dr Espel)

- Quelle est la place des laboratoires dans l'aveuglement des médecins généralistes, quelle place aux interrogatoires standards et listés issus du DSM versus validation des laboratoires ? (Dr Lantran)

- Cette notion de réseau est-elle compatible avec la notion de médecin généraliste référent ? (Dr Masquin)

- Est-ce qu'une consultation longue est appréhendée pour le généraliste comme une durée ou un "poids" ? (Dr Robinet)

- Pourquoi demanderait-on au généraliste de jouer au psychiatre!!! alors qu'on ne demande pas au psychiatre de faire de la médecine ? (Dr Desablin)

- Réponse au dr desablin : les médecins généralistes s'occupent déjà de plus des 3/4 des pathologies psy (Dr Denin)

- Le métier de médecin généraliste est un beau métier : Pourquoi vouloir en faire des psychothérapeutes ? (Dr Latinis)

- Les réseaux de soins aux toxicomanes s'inscrivent-ils dans les réseaux pré-cités ? (Ross)

- Dommage que nous n’ayons pas eu l’avis de plusieurs MG (Dr Amad)

- La formation BALINT devrait être soutenue dans cette réflexion (Dr Boulhol)

- Où fixez vous la limite entre le psychiatre et le MG ? (Dr Aviges)

- Les médecins généralistes ont-ils eux mêmes une bonne image de la psychiatrie ? le fait de savoir que 50 % des adolescents qui font une TS ont consulté la semaine précédente un médecin généraliste pose cette interrogation (D. Bahouche)

- Pourquoi ne pas former plus de psychiatres pour faire de la psychiartie ? (Dr Bourgeois)

- Les médecins dans l'atelier etaient sans doute sensibilisés ; il y a beaucoup de médecins qui nient tout simplement le fait psy et se limitent à passer la main au dernier moment et à ne penser que pharmacologie. La psychotherapie n'est pas que l'écoute bienveillante. (Dr Souede)


Atelier 8 : Comment le secteur doit-il évoluer pour répondre au mieux aux besoins de la population ?

- Etes vous favorable à la constitution d unités d’hospitalisation psychiatrique à proximité immédiate des centres hospitaliers généraux voire en leur sein ? (Dr Nordmann)

- Le découpage géo-démographique n'est pas adapté aux personnes souffrant de troubles psychiques en situation de précarité (de + en + nombreux). Ce constat signe t il l’échec de la politique de secteur ? (Dr Pezous)

- Cette place centrale accordée aux médecins généralistes semble plus un positionnement politique qu'un positionnement réel de réseau . (Dr Lantran)

- Quelle image M.Mordelet a-t-il du travail effectué en clinique privée avec des moyens largement inférieurs à ceux du service public ? (Dr Masquin)

- Les généralistes rencontrent et traitent la plupart des malades mentaux, et d'autre part, les seuls programmes ayant montré une efficacité en matière de prévention du suicide sont ceux qui incluaient les généralistes. Les psychiatres ne sont utiles qu'a très peu de monde. (Dr Denin)

- Privé = petites névroses faciles et rentables; et public = grosses pathologies lourdes. C'est un peu caricatural... Non ? (Dr Schiff)

- L'asile est nécessaire dans le sens originel du terme c'est à dire dans le sens d'accueil. Je ne suis pas sûr qu'un établissement de santé remplira cette mission. (Dr Lantran)


Atelier 9 : Urgences en psychiatrie

- Il est très dommage de supprimer le sujet des urgences psys qui est ESSENTIEL. ( Dr Debardy)

- Le Dr Laemmer rappelle a l'auditoire que la circulaire de 1992 définit l' urgence psy en substance comme suit : "Il y a urgence lorsque quelqu'un pense qu'il y a urgence". Ne peut-on craindre devant une définition aussi extensive de l' urgence que le travail médico-social ne devienne intrusif dans la vie des usagers - citoyens et que la notion de réseau n' en soit que plus suspecte ?

- Les psychiatres de SOS-psychiatrie constatent une mauvaise articulation avec les structures de soin publique en particulier la coordination avec les établissements d'hospitalisation. Quelles propositions en vue d'améliorer ce problème ? (Dr Cohen)


Atelier 10 : Place et rôle des usagers en psychiatrie

- Je pense que cet aspect de la place et du rôle des usagers devrait lui seul faire l'objet d'une Cyber. (Dr Soulier)

- A part Sesam autisme toute intrusion de parents est catastrophique en clinique. (Dr Sou)

- Réponse a Sou : pas du tout d'accord ; il y a toujours bénéfice à associer l'entourage des patients à la prise en charge, sauf dans les cas (rares en public) où l'on rencontre un patient qui vient par lui-même consulter, pour un problème qui ne concerne que lui-même. La plupart des études concernant le suivi à long terme des psychoses de l'adultes montrent que les meilleurs résultats sont obtenus quand on associe traitement neuroleptique et prise en char ....

- Comment impliquer les usagers dans l'évaluation de la qualité de vie des patients ? (Dr Thomas)

- L'introduction du questionnaire de sortie et son évaluation permet une très nette amélioration de la qualité de la prise en charge du patient (Dr Masquin)

- Nous avons l'expérience au travers du site internet que nous avons créé que même en traitant de problèmes tel l'isolement ou l'ECT, les usagers et leurs familles qui se connectent nous posent des questions pratiques sur leur prise en charge.

- La place de la santé mentale là encore est à démontrer : si les patients psy étaient considérés comme citoyens a part entière ne sont ils pas les mieux placés pour être les acteurs de leur mieux être ? (D. Bahouche)

- Belle place à la démagogie en dehors de la clinique tant systémique qu'analytique. Beau gachis made in U.S.A. en perspective ! Le dialogue fait partie de la clinique, NON ? Le contrat fait partie du droit. (Dr Lantran)


Atelier 11 : Le champ de l'évaluation et de la recherche

- Qui et comment évaluer les pratiques ? (Dr Ross)

- L'évaluation ne pourrait-elle pas , sur le plan de la réponse aux besoins de la population, passer par les usagers" eux-mêmes ? (sv)

- l'évaluation des pratiques est une question extrèmement complexe que sous tend une immediateté de rentabilité apparente, porte ouverte à toutes les dérives comportementales. (Dr Lantran)


Atelier 12 : La communication dans le champ de la Santé mentale

- A propos de l'atelier sur la communication; Internet peut-il faire sortir la psy de ses murs et ses revues spécialisées à la rencontre des patients et de leur famille? (Lavoine)


Dernière mise à jour : 21 octobre 1998

Dr Jean-Michel Thurin
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