Carré titre






R E V U E
D E S -- R E V U E S

CHRONOBIOLOGIE
 
Seasonal variation in postdexamethasone cortisol values in depressed inpatients. Results of least squares cosine spectral analysis.
MAES M., SCHOTTE C., Journal of Affective Disorders, 44 :
5-12, juin 1997
En cherchant bien, auprès de 269 patients hospitalisés sur une période de 70 mois, on trouve un rythme bisannuel des taux de cortisol post-dexamethasone chez l'homme et non chez la femme. Ce rythme avec des pics en juin et décembre explique 12,4 % de la variance des taux de cortisol. Il n'a pu être déterminé qu'à l'aide d'une analyse spectrale, les techniques habituelles par intervalles de temps n'étant pas assez sensibles.
 
Atypical depressive symptoms in seasonal and non-seasonal mood disorders.
TAM E.M., LAM R.W., ROBERTSON H.A. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 39-44, juin 1997
La comparaison de déprimés saisonniers et non saisonniers montre que si les saisonniers ont des scores plus importants d'hyperphagie et d'hypersomnie, ils ont aussi des scores inférieurs en sensitivité interpersonnelle et sensibilité au rejet. Dépression saisonnière et atypique ont donc quelques points communs, mais ne sont pas complètement superposables.
 
Effects of morning phototherapy on circadian markers in seasonal affective disorder.
THOMPSON C., CHILDS P.A., MARTIN N.J. et coll.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 431-435, mai 1997
Une douzaine de patients souffrant de trouble dépressif saisonnier, comparés à des témoins appariés, réagissent différemment, par une avance de phase de la sécrétion de mélatonine, lorsqu'on les soumet à un traitement par la lumière. Une confirmation de l'hypothèse d'un retard de phase dans les dépressions hivernales.
Circadian temperature and cortisol rhythms during a constant routine are phase-delayed in hypersomnic winter depression.
AVERY D.H., DAHL K., SAVAGE M.V. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 1109-1123, juin 1997
L'évaluation des rythmes de la température, du cortisol plasmatique et des taux de TSH chez 6 femmes souffrant de dépression saisonnière comparées à des témoins, et réévaluées après traitement par la lumière montre un retard de phase net pour température et cortisol, moins net pour TSH, avec normalisation sous l'effet de la luminothérapie.
 
Phototherapy is a useful adjunct in the treatment of depressed in-patients.
BEAUCHEMIN K.M., HAYS P., Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 424-427, mai 1997
L'association de séances de luminothérapie potentialise le traitement antidépresseur de sujets hospitalisés pour dépressions uni et bipolaires. Les intensités utilisées sont fortes, la supériorité de 10000 Lux sur 2500 Lux étant significative (p<0,02).
 
The relationship between seasonal mood change and personality : more apparent than real ?
JANG K.L. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 539-543, juin 1997
Dans certaines études, les sujets souffrant de troubles dépressifs saisonniers auraient aussi des troubles de la personnalité. Pour le vérifier, cette équipe canadienne a évalué 297 sujets issus de la population générale, et retrouvé une incidence de près de 10 % de troubles saisonniers. S'ils retrouvent effectivement une corrélation avec le névroticisme, les traits de personnalité n'expliquent que 15 % de la variance. Le lien entre personnalité et fluctuations thymiques saisonnières n'est donc pas très fort.
 
 
CLINIQUE
 
Sensitivity of the six-item Hamilton Depression Rating Scale.
O'SULLIVAN R.L. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica,
95 : 379-384, mai 1997
Intéressant : une version abrégée de l'échelle de dépression de Hamilton, ne prenant en compte que 6 items (humeur déprimée, culpabilité, travail et activités, ralentissement, anxiété psychique, symptômes somatiques généraux) proposée par Bech, rend les mêmes services en termes de sensibilité au changement que les autres versions à 17, 21 et 24 items. Testé pour vous sur un échantillon de 164 déprimés avant et après traitement.
 
 
Manic episodes in two patients treated with interferon alpha.
STRITE D., VALENTINE A.D., MEYERS C.A.,
Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences,
9 : 273-276, printemps 1997
A propos de deux cas de manie survenus chez des patients leucémiques traités par de l'interféron-alpha. Il semblerait que le traitement chronique par l'interféron-alpha favorise la survenue d'épisodes maniaques, et peut-être plus particulièrement chez ceux qui ont des stress psychosociaux associés.
 
AIDS mania.
LYKETSOS C.G., SCHWARTZ J., FISHMAN M. et coll., Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences,
9 : 277-279, printemps 1997
Comparaison des caractéristiques de deux groupes de patients séropositifs qui ont présenté des troubles maniaques. Le premier groupe avait plus de 200 CD4 au début des troubles (manie à début précoce), et le deuxième groupe moins de 200 CD4 (début tardif). Les deux groupes sont différents sur les plans de la symptomatologie, des troubles démentiels associés et des antécédents familiaux, ce qui peut faire penser que les manies à début précoce et tardif sont différentes sur le plan physiopathologique.
 
Onset of antidepressant activity : reexamining the structures of depression and multiple actions of drugs.
KATZ M.M., KOSLOW S.H., FRAZER A.,
Depression and Anxiety 4 (6) : 257-267, 1997
Développement d'une hypothèse qui situe la dépression comme une maladie hétérogène autour de trois manifestations majeures : l'humeur, l'anxiété et le ralentissement. Les antidépresseurs agiraient de façon séquentielle, commençant par soulager l'anxiété, puis stimulant l'activité motrice. L'étude des séquences d'action des antidépresseurs serait un élément clé pour comprendre la dépression. Cela rappelle certaines hypothèses (non citées) faites à La Salpêtrière.
 
Barriers to seeking treatment for
major depression.
BLUMENTHAL R., ENDICOTT J., Depression and Anxiety 4 (6) : 273-278, 1997
Pourquoi certains déprimés cherchent-ils à se soigner et d'autres non ? Ceux qui cherchent à se soigner sont plutôt ceux qui ont déjà eu un épisode dépressif, qui ont un niveau d'éducation plus élevé et un épisode dépressif plus long ; ceux qui ne cherchent pas à se soigner sont plutôt ceux qui refusent de considérer qu'ils sont malades et pensent qu'ils peuvent s'en tirer tout seuls. Rien de bien révolutionnaire.
 
Course of psychomotor agitation during pharmacotherapy of depression : analysis from double-blind controlled trials with fluoxetine.
TOLLEFSON G.D., SAYLER M.E., Depression and Anxiety 4 (6) : 294-311, 1997
Pour les auteurs, l'agitation psychomotrice est un symptôme quasi constant dans la dépression, et elle est aggravée au cours de la première semaine de traitement. Par la suite, l'agitation serait améliorée par le traitement, avec un effet légèrement supérieur, mais non significatif, de la fluoxétine sur les tricycliques. Calmer l'agitation motrice ferait donc partie des effets thérapeutiques des antidépresseurs. L'étude est rétrospective (portant sur 4737 dossiers de malades) et l'agitation des malades évaluée sur l'item 9 de l'échelle de Hamilton (la vraie question étant en réalité celle de l'ambiguïté de cet item 9, qui s'intitule agitation, mais qui ne cote pas tant l'agitation que la tension, ou la nervosité, c'est-à-dire le versant moteur de l'anxiété, du déprimé ; donc les antidépresseurs sont actifs sur l'anxiété des déprimés, ce que l'on savait déjà).
 
Numbing scale scores in female psychiatric inpatients diagnosed with self-injurious behavior, dissociative identity disorder,
and major depression.
GLOVER H., LADER W., WALKER-O'KEEFE J. et coll., Psychiatry Research, 70 : 115-124, mai 1997
Des femmes souffrant de dissociation hystérique ou de comportements auto agressifs ont des scores d'émoussement (« numbing ») supérieurs à des femmes déprimées. Mais il est intéressant de noter chez les déprimées une bimodalité des scores, définissant deux sous groupes, l'un très émoussé (proche des deux autres groupes), l'autre très peu émoussé.
 
Predictors of treatment outcome for major depression in primary care.
MYNORS-WALLIS L. & GATH D., Psychological Medicine,
27 : 731-736, mai 1997
L'ambition de cet essai était de proposer des indices cliniques ou démographiques permettant de choisir un type de traitement (psychologique ou chimiothérapique) devant une dépression. A cet effet, trois groupes thérapeutiques étaient comparés : traitement cognitivo-comportemental, amitriptyline, et placebo. Malheureusement, cela n'a pas marché.
 
Relationship between perception of facial emotions and anxiety in clinical depression : does anxiety-related perception predict persistence of depression ?
BOUHUYS A.L., GEERTS E., MERSCH P.P.A.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 213-224, mai 1997
La perception d'émotions faciales négatives par des sujets déprimés est liée à l'anxiété et non à la dépression, et n'a pas d'influence sur l'évolution ultérieure de la pathologie dépressive (contrairement à ce qu'avaient supposés les auteurs). Ceci dit, le test lui même est moyennement convaincant.
 
 
COMORBIDITÉ
 
Effect of neuroleptic treatment on depressive symptoms in acute schizophrenic episodes.
KRAKOWSKI M. et coll., Psychiatry Research,
71 : 19-26, juin 1997
La symptomatologie dépressive des schizophrènes en phase aiguë obéit à des mécanismes complexes, hétérogènes. Dans cette étude comparant des schizophrènes aigus déprimés et non déprimés, traités par différents niveaux plasmatiques d'halopéridol, on observe à la fois une diminution initiale de la symptomatologie dépressive floride, sous l'effet du traitement, mais aussi une apparition progressive d'une symptomatologie dépressive corrélée aux symptômes extrapyramidaux ainsi qu'aux taux plasmatiques d'halopéridol.
 
Comorbid depression and anxiety spectrum disorders.
GORMAN J.M., Depression and Anxiety 4 (4) : 160-168, 1997
La plupart des patients déprimés sont anxieux et vice versa. Cette revue aborde tous les aspects de cette comorbidité, théoriques, cliniques, biologiques et thérapeutiques (médicamenteuses et psychothérapiques). Un peu partisan (les anxieux ne sont pas aussi souvent déprimés que l'auteur a l'air de le dire).
 
 
Prevalence of axis I disorders in an AIDS cohort : a cross-sectional, controlled study.
RABKIN J.G. et coll., Comprehensive Psychiatry,
38 : 146-154, mai-juin 1997
La comparaison de 112 sujets sidéens, de 64 séropositifs non sidéens et de 84 homosexuels non séropositifs confirme chez les patients, une incidence de dépression de 5 à 10 %, comme dans d'autres études. Une évaluation dimensionnelle de la détresse psychologique ne met pas en évidence de corrélation avec les indicateurs biologiques de la progression du syndrome immunodéficitaire, mais il existe un taux de dysthymie non négligeable chez ceux dont la numération de cellules CD4 est inférieure à 500.
 
 
Course of depression in patients with comorbid anxiety disorders.
SHERBOURNE C.D., WELLS K.B.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 245-250, mai 1997
Six cent cinquante patients déprimés ambulatoires suivis une à deux années démontrent sans ambiguïté que la comorbidité anxieuse sous toutes ses formes est un facteur de gravité supplémentaire : nombre de symptômes dépressifs initiaux supérieur chez les patients avec anxiété, diminution des chances de rémission, augmentation du risque de rechute en cas de symptomatologie résiduelle.
 
 
The familial aggregation of common psychiatric and substance use disorders
in the National Comorbidity Survey :
a familiy history study.
KENDLER K.S., FAVIS C.G., KESSLER R.C.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 541-548, juin 1997
L'exploration de la pathologie familiale chez 5977 sujets étudiés dans le cadre de l'étude épidémiologique américaine sur la comorbidité montre une agrégation familiale substantielle pour la plupart des troubles psychiatriques. La spécificité de cette transmission familiale est maximale pour la dépression et les problèmes d'alcoolisme, intermédiaire pour l'anxiété généralisée, et moindre pour la personnalité antisociale et la toxicomanie.
 
 
Post-traumatic stress disorder and depression. An analysis of comorbidity.
BLEICH A., KOSLOWSKY M., DOLEV A. et coll.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 479-482, mai 1997
Sur 60 anciens combattants israéliens ayant demandé une aide psychiatrique, le stress post traumatique domine (100 % vie entière, 87 % lors de la consultation). La comorbidité est très fréquente, surtout avec la dépression (95 % sur la vie, 50 % lors de la consultation). Il est important de diagnostiquer les deux troubles, car si le stress post traumatique ne répond à aucune chimiothérapie spécifique, il n'en est pas de même pour la dépression.
 
Social phobia, avoidant personality disorder and atypical depression : co-occurrence
and clinical implications.
ALPERT J.E., PAVA J.A., McLEAN N.E. et coll.,
Psychological Medicine, 27 : 627-634, mai 1997
Chez les déprimés (est ici évaluée une population de 243 sujets), la prévalence des phobies sociales et de la personnalité évitante est importante (autour de 27 %), et ces deux troubles sont associés dans les deux tiers des cas. Il s'agit alors le plus souvent de dépressions atypiques, avec aussi un âge de début plus précoce, et un handicap psychosocial plus marqué.
 
Depression after stroke : an investigation through catamnesis.
ANGELERI, F. et coll, The Journal of Clinical Psychiatry,
58 : 261-265, juin 1997
Certains travaux suggérant un lien entre la dépression secondaire à un accident vasculaire cérébral, et la latéralisation hémisphérique gauche de la lésion, il était intéressant de rechercher si une telle corrélation peut être retrouvée à distance de l'accident vasculaire cérébral (3 ans après). Sur 180 patients, un tiers souffre de dépression, avec un retentissement notable sur les occupations et les relations familiales. Mais la latéralisation de la lésion ne joue aucun rôle.
 
 
DÉPRESSIONS
CHRONIQUES, DYSTHYMIE
 
Methodological issues raised by clinical trials on dysthymia : assessment instruments and response criteria.
GUELFI J.D., CORRUBLE E., European Psychiatry,
12 : 183-189, juin 1997
Très bonne synthèse sur les problèmes méthodologiques posés par l'évaluation de traitement de la dysthymie, y compris une réflexion sur la validité du concept.
 
Assessment and treatment of dysthymia. The development of the Cornell Dysthymia Rating Scale.
COHEN J., European Psychiatry, 12 : 190-193,
juin 1997
Description de la Cornell Dysthymia Rating Scale, développée pour s'adapter à l'évaluation de phénomènes dépressifs mineurs et persistants, ce pour quoi n'est pas vraiment construite l'échelle de Hamilton. Reste à la valider.
 
Standardized assessment of dysthymia : report of a national institute of mental health conference.
GWIRTSMAN H.E., BLEHAR M.C., McCULLOUGH J.P.
et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 3-12, mai 1997
Voici le compte rendu d'une conférence de consensus sur l'évaluation de la dysthymie, qui s'est tenue sous l'égide du NIMH il y a trois ans. On y trouvera tout un tas d'utiles recommandations diagnostiques, classées en essentielles ou optionnelles, ainsi que l'exposé de quelques points de controverse.
 
 
DÉPRESSIONS RÉSISTANTES
 
Augmentation strategies in patients with refractory depression.
NEMEROFF C.B., Depression and Anxiety
4 (4) : 169-181, 1997
Analyse critique des différents moyens de potentialiser les effets des antidépresseurs dans les dépressions résistantes. Par un grand spécialiste de la
biologie de la dépression. Les meilleures potentialisations seraient obtenues en augmentant les doses de tricycliques ou en ajoutant un IRS, du lithium ou de la thyroxine. Pour le reste (IRSNa, ECT, plusieurs antidépresseurs, stimulation magnétique transcrânienne, pindolol, buspirone, etc.), rien n'est vraiment bien établi.
 
 
DEUIL
 
Bereavement and grief in adults with learning disabilities.
HOLLINS S., ESTERHUYZEN A.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 497-501, juin 1997
La comparaison de 50 handicapés mentaux venant de perdre un parent à un groupe de sujets appariés montre un certain nombre de troubles du comportement quotidien ainsi que des symptômes anxio-dépressifs, et suggère que le deuil dans cette population est sous-estimé avec comme conséquence un défaut d'accompagnement lors de ces pénibles circonstances.
 
Traumatic grief as a risk factor for mental and physical morbidity.
PRIGERSON H.G., BIERHALS A.J., KASL S.V. et coll.,
The American Journal of Psychiatry, 154 : 616-623, mai 1997
Les symptômes de deuil traumatique dans les 6 mois après le décès d'un être cher confèrent un risque particulier, dans les deux ans qui suivent, de développement d'idéation suicidaire et de bouleversement des habitudes de vie, mais aussi de troubles cardio-vasculaires et de cancer. Il ne s'agit pas du stress du deuil, mais bien d'une constellation symptomatique particulière où le traumatisme et la détresse de séparation sont prépondérants. Cette belle étude a été réalisée de façon prospective, en rencontrant 150 futurs veufs et veuves lors de l'admission hospitalière de leur compagnon.
 
Psychological well-veing and ratings of psychiatric symptoms in bereaved israeli adolescents : differential effect of war versus accident related bereavement.
BACHAR E. et coll, the Journal of Nervous and Mental disease, 6 : 402-406, juin 1997
Au sein d'une cohorte de 871 adolescents israéliens des deux sexes, 23 ont perdu un proche à la suite d'actions de guerre, et 19 dans des accidents de la voie publique. Toutes choses égales par ailleurs, (degré de proximité, statut socio-économique) le deuil de guerre est mieux vécu que le deuil accidentel, si l'on en croit les mesures de bien-être et l'évaluation des symptômes psychiatrique.
 
 
ENFANCE, ADOLESCENCE
 
Investigation of pharmacokinetics and
of possible adverse effects in infants exposed to tricyclic antidepressants in breast-milk.
YOSHIDA K., SMITH B., CRAGGS M., et coll.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 225-238, mai 1997
Voila une remarquable investigation des paramètres pharmacocinétiques de l'allaitement maternel sous imipraminiques. Certes, il n'y a que 10 cas, mais les auteurs ont effectué les mesures chez la mère, dans le plasma et l'urine, dans le lait (y compris le colostrum), ainsi que chez le nourrisson (plasma et urine). Le résultat principal est que les enfants ingèrent 1 % de la dose reçue par la mère, et que les dosages ne détectent que des traces urinaires et plasmatiques des molécules ingérées. Les enfants ont été suivis jusqu'à 30 mois, et sur aucun critère, les auteurs n'ont trouvé d'argument pour déconseiller aux jeunes mamans qui le souhaiteraient d'allaiter tout en étant traitées pour dépression par imipraminiques. Dont acte, en attendant des explorations aussi complètes concernant des antidépresseurs plus récents.
 
Adolescent suicidal behaviours : a population-based study of risk.
PATTON G.C., HARRIS R., CARLIN J.B. et coll.,
Psychological Medicine, 27 : 715-724, mai 1997
Alors que l'incidence des comportements auto-agressifs est de plus de 5 % au sein de cette population de 1699 ados de 15-16 ans, on ne recense que moins de 2 % de comportements délibérément suicidaires, avec anticipation d'une possibilité de décès. Mais cette constatation ne doit pas diminuer l'attention à porter à ces prises de risque, car les résultats, en terme de mortalité et de morbidité, sont les mêmes que l'on ait eu ou pas l'intention de mourir.
 
Venlafaxine in the treatment of children and adolescents with major depression.
MANDOKI M.W., TAPIA M.R., SUMNER G.S. et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 149-154, mai 1997
Confirmation, dans cet essai contre placebo chez 33 enfants et adolescents déprimés de 8 à 17 ans traités par ailleurs par psychothérapie, qu'un antidépresseur (ici la venlafaxine) n'a pas d'effet spécifique sur ce type de population. C'est le cas de nombreux antidépresseurs dans la dépression infanto-juvénile.
 
Pulse intravenous clomipramine for depressed adolescents : double-blind, controlled trial.
SALLEE F.R., VRINDAVANAM N.S., DEAS-NESMITH D. et coll., The American Journal of Psychiatry, 154 : 668-673, mai 1997
Le traitement d'adolescents déprimés (N=16) par perfusion unique de 200 mg de clomipramine aboutit au bout de 6 jours à une amélioration significative (contre placebo). Au delà des 6 premiers jours, les évolutions sont diverses, et les effectifs sont trop faibles pour généraliser.
 
 
ÉPIDÉMIOLOGIE
 
Mental health in primary care.
An epidemiological study of morbidity and use of health resources.
VAZQUEZ-BARQUERO J.L. et coll.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 529 - 535, juin 1997
Confirmation espagnole, à l'aide du GHQ administré dans quatre centres de consultation généraliste, de la fréquence (et de la méconnaissance) des cas de pathologie psychiatrique en médecine de terrain (32 %). Les généralistes en identifient 14 %, et une deuxième évaluation transversale avec le SCAN en trouve 31,5 %. La majorité de ces cas correspondent à dépression, anxiété, et alcoolisme, et un diagnostic sur deux n'est pas reconnu par le médecin de famille.
 
 
The prevalence of affective and anxiety disorders in primary care practice
in Hungary.
SZADOCZKY E, RIHMER Z., PAPP Z. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 239-244, mai 1997
Une confirmation hongroise de l'importance que devrait revêtir la reconnaissance de la pathologie anxiodépressive en médecine générale : Quarante-trois pour cent de 301 sujets rencontrés dans 15 consultations de médecine générale ont souffert d'une forme ou d'une autre de trouble anxieux ou dépressif, et 15 % sont pathologiques lors de l'enquête (effectuée à l'aide d'une version hongroise du DIS). Un chiffre impressionnant : 60 % des patients ne se sont plaint spontanément d'aucun symptôme psychiatrique, cette proportion atteignant 87 % dans la catégorie « phobie sociale » !
 
 
ESSAIS THÉRAPEUTIQUES
 
A comparison of patients with major depressive disorder recruited through newspaper advertising versus consultation referrals for clinical drug trials.
MILLER C.A., HOOPER C.L. et BAKISH D., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 69-74, mai 1997
La seule chose qui différencierait les volontaires symptomatiques recrutés par voie de presse pour les essais thérapeutiques d'antidépresseurs (pratique majoritaire outre-Atlantique) des vrais patients, recrutés en clinique, est la moindre incidence de traitements psychotropes antérieurs pour l'« épisode » en cours. Les auteurs encouragent donc cette pratique, comme susceptible de constituer des groupes expérimentaux plus légitimement extrapolables à l'utilisation ultérieure des antidépresseurs en développement.
Factors that influence the outcome
of placebo-controlled antidepressant
clinical trials.
NILKSON, I.A. et coll., Psychopharmacology Bulletin,
33 : 41-51, mai 1997
Déroutés par l'incapacité d'un important essai thérapeutique à détecter des différences entre les produits actifs (imipramine et nouvelle molécule) et le placebo chez des déprimés, les auteurs se sont penchés sur la qualité de l'essai en termes de comportement des centres. Et en effet, le problème se trouve sans doute dans la différence entre 36 % des centres, discriminants, et les autres, en termes de choix de patients, de qualité du suivi, d'incidence des sorties d'essai, et autres événements importants. Compte tenu du coût des essais thérapeutiques, les firmes vont devenir de plus en plus exigeantes avec les investigateurs, et ce sera tant mieux.
 
Delayed onset of action of antidepressant drugs ? Survey of recent results.
STASSEN H.H. et coll., European Psychiatry,
12 : 165-176, juin 1997
Démonstration, à partir de deux volumineux essais contre placebo, que la dynamique d'amélioration clinique est indépendante de la modalité thérapeutique. La seule différence entre le placebo et les principes actifs est dans la proportion de patients améliorés, mais on observe le même délai d'action sous placebo ou sous antidépresseurs. Ce qui conduit les auteurs à proposer que l'action des antidépresseurs n'est pas vraiment symptomatique, mais consiste en fait à favoriser les conditions d'une guérison spontanée. Intéressant, mais pas nouveau, puisque publié ailleurs l'an dernier.
 
Onset of action under antidepressant treatment.
STASSEN H.H. et coll., European Psychiatry, 12 : 163-165,
juin 1997
Que retenir en pratique de la méta-analyse précédente ? Que 70 % des patients qui ont manifesté une amélioration d'au moins 20 % dans les deux premières semaines connaîtront une évolution positive ; et que moins de 10 % des patients qui n'auront pas bougé dans les trois premières semaines répondront au traitement. Ces deux bornes permettent d'étayer une prise de décision.
 
Methodological considerations and empirical data to the onset of efficacy of antidepressants and to the prediction of therapy outcome.
MÜLLER H. et coll., European Psychiatry, 12 : 177-182, juin 1997
Pas facile, de repérer les signes précoce de changement devant conduire à la rémission thérapeutique dans la dépression. Tout dépend des critères retenus pour définir le changement initial.
 
A comparison of nefazodone and fluoxetine on mood and on objective, subjective, and clinician-rated measures of sleep in depressed patients : a double-blind, 8-week clinical trial.
GILLIN J.C. et coll., The Journal of Clinical Psychiatry,
58 : 185-192, mai 1997
Dans ce petit essai comparant la néfazodone et la fluoxétine chez une quarantaine de patients déprimés, il apparaît qu'à efficacité antidépressive comparable, la néfazodone a un effet thérapeutique supérieur sur la plupart des paramètres du sommeil, qu'ils soient évalués subjectivement, cliniquement, ou par enregistrement polysomnographique.
 
Efficacy of venlafaxine in depressive illness in general practice.
LECRUBIER Y. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica,
95 : 485-493, juin 1997
Essai thérapeutique classique contre placebo, réalisé en médecine générale sur une population de dépressions hétérogènes, pas toutes majeures, concluant que la venlafaxine est au moins aussi efficace que l'imipramine.
 
 
ÉVÉNEMENTS
 
Effects of artificial rearing on electrophysiology and behavior in adult rats.
KANEKO W.M., RILEY E.P., EHLERS C.L.,
Depression and Anxiety 4 (6) : 279-288, 1997
On sait qu'une séparation maternelle précoce, à certaines périodes cruciales du développement, est susceptible d'avoir des séquelles comportementales et physiologiques. Les auteurs proposent ici un nouveau protocole de séparation maternelle complète chez le rat, entre le 4ème et le 12ème jour après la naissance, avec une technique pour nourrir artificiellement les petits rats. Le développement des animaux est normal, mais ils présentent à l'âge adulte une légère inhibition comportementale et des anomalies subtiles des potentiels évoqués hippocampiques. Confirmation que les séparations précoces conduisent à des troubles du traitement de l'information à l'âge adulte.
 
Psychosocial factors and the long-term course
of major depression.
KEITNER G.I., RYAN C.E., MILLER I.W. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 57-68, juin 1997
Cinquante-neuf sujets ayant fait l'objet, 6 ans avant, d'un premier suivi d'un an après leur hospitalisation pour épisode dépressif sévère ont été interrogés par téléphone. Dix-neuf d'entre eux étaient restés asymptomatiques, 30 avaient connu une évolution épisodique, et 10 une évolution chronique. Si l'amélioration au cours de la première année permet de prédire l'évolution ultérieure, les caractéristiques cliniques initiales ne sont pas discriminantes. Le fonctionnement familial et les événements de vie au début de l'épisode ont par contre une certaine valeur pronostique.
 
Stressful life events and genetic liability
to major depression : genetic control of exposure to the environment ?
KENDLER K.S. & KARKOWSKI-SHUMAN L., Psychological Medicine, 27 : 539-548, mai 1997
Les liens entre influences environnementales et facteurs génétiques dans la dépression sont complexes, en voici une nouvelle illustration tirée de la série de jumelles de Kendler : Il apparaît que le risque de connaître 6 (sur 9 testées) situations traumatisantes (conjugopathie, agressions, divorce, perte d'emploi, maladies graves, problèmes financiers) est influencé par la composante génétique du trouble de l'humeur (évaluée par l'existence d'antécédents homologues chez la co-jumelle). Comment cette prédisposition génétique place-t-elle les sujets dans des situations à risque, voilà un grand mystère.
 
Stress reactivity in bipolar patients and its relation to prior history of disorder.
HAMMEN C., GITLIN M., American Journal of Psychiatry, 154 : 856-857, juin 1997
L'évaluation prospective de 52 bipolaires de type 1 pendant deux ans montre bien un lien entre une récidive maniaque et l'existence d'un stress dans les 6 mois précédents. Mais contrairement à l'hypothèse de sensibilisation des accès avec le temps (Post), les patients qui avaient connu le plus d'épisodes antérieurs sont aussi ceux qui ont rechuté après les stress les plus importants.
 
Depression psychosocial variables
and occurrence of life events among patients with cancer.
GRASSI L., MALACARNE P., MAESTRI A. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 21-30, juin 1997
Un certain nombre de facteurs psychosociaux sont susceptibles de favoriser l'éclosion d'une pathologie dépressive dans l'année qui suit la révélation d'un cancer (chez près d'un patient sur trois). On trouve ainsi pèle mêle : des antécédents psychiatriques, une mauvaise réaction à l'annonce du diagnostic, un mauvais support social, un niveau faible de performance, un score de contrôle extérieur élevé... Tout ceci semble assez banal.
 
 
GÉNÉTIQUE
 
Depression, delusions, and hallucinations
in Alzheimer's disease : no relationship
to apoliporotein E genotype.
LYKETSOS C.G., BAKER L., WARREN A. et coll.,
Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences
9 : 64-67, hiver 1997
Selon certaines études, le locus de l'apolipoprotéine E, sur le chromosome 19, est susceptible de modifier le risque de maladie d'Alzheimer, ainsi que l'âge de début de la maladie. Les auteurs cherchaient dans cette étude s'il existe des variations dans le locus de l'apolipoprotéine E chez des patients Alzheimer en fonction des pathologies psychiatriques associées (dépression, délire ou hallucinations). Ils n'en trouvent aucune. Donc le gène de l'apolipoprotéine E n'a pas de lien avec les pathologies psychiatriques associées à la maladie d'Alzheimer.
 
Gender differences in the heritability of seasonal mood change.
JANG K.L. et coll., Psychiatry Research, 70 : 145-154, mai 1997
L'héritabilité des fluctuations thymiques saisonnières, évaluée chez 187 paires de jumeaux monozygotes et 152 paires de jumeaux dizygotes à l'aune du score global de saisonnalité généré par le Seasonal Pattern Assessment Questionnaire est supérieure chez l'homme (45 %), en ce qui concerne le niveau d'énergie, l'appétit, l'humeur et les variations du sommeil. Chez la femme l'héritabilité n'est que de 30 %. Les raisons de cette différence d'influence génétique selon le sexe ne sont pas claires.
 
Depression disorder due to mitochondrial transfer RNA Leu (UUR) mutation.
ONISHI H., KAWANISHI C., IWASAWA R. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 1137-1139, juin 1997
Un cas clinique de syndrome dépressif coexistant avec une pathologie mitochondriale liée à une mutation particulière (substitution A-G au n°3243 sur le gène de transfert RNA (tRNA) Leu (UUR) du mtDNA (mutation A3243G), pour les petits curieux). Le traitement enzymatique du patient aboutit à une amélioration des symptômes dépressifs en même temps qu'à une normalisation des troubles du débit sanguin cérébral constatés en SPECT, mais les auteurs japonais reconnaissent bien volontiers qu'il peut s'agir en ce qui concerne la dépression, d'un effet placebo.
 
No association between bipolar affective disorder and a serotonin receptor (5-HT2A) polymorphism.
MAHIEU B., SOUERY D., LIPP O. et coll., Psychiatry Research, 70 : 65-70, mai 1997
Effectuée chez 83 bipolaires et 129 contrôles, cette évaluation des fréquences alléliques et génotypiques ainsi que de la distribution homo-hétérozygote du gène du récepteur 5-HT2A ne retrouve pas d'association entre la pathologie psychiatrique et le polymorphisme du gène concerné.
 
No association between bipolar disorder
and alleles at a functional polymorphism
in the COMT gene.
BIOMED European Bipolar Collaborative Group,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 526-528, juin 1997
Cette étude collaborative européenne effectuée grâce à 412 bipolaires non apparentés ne retrouve aucune association allélique ou génotypique de la maladie avec le gène de la COMT.
 
A chromosome 18 genetic linkage study
in three large Belgian pedigrees with bipolar disorder.
CLAES S., RAEYMAEKERS P., VAN DEN BROECK M., et coll., Journal of Affective Disorders, 43 : 195-206, mai 1997
Trois arbres généalogiques bipolaires fort touffus et très complètement explorés avec des méthodes de ségrégations paramétriques et non paramétriques ne confirment pas l'implication de la région péricentromérique du chromosome 18 évoquée dans d'autres études.
 
 
IMAGERIE
 
Blunted left cingulate activation
in mood disorder subjects during a response interference task (the Stroop).
GEORGE M.S., KETTER T.A., PAREKH P.I. et coll.,
Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences
9 : 55-63, hiver 1997
Nouvelle étude, à la caméra à positrons, de l'activité du gyrus cingulaire antérieur chez 11 patients déprimés comparés à 11 contrôles. Les auteurs font passer aux sujets le test de Stroop (test généralement utilisé pour explorer les fonctions du cortex préfrontal, ici modifié en employant uniquement des mots ayant une connotation triste), et ils observent que les contrôles ont une activation franche de leur cortex cingulaire gauche durant le test, alors que les déprimés n'ont pas d'activation cingulaire gauche, mais seulement une faible activation cingulaire droite et une forte activation préfrontale dorso-latérale. Cela confirme qu'il existe un émoussement de l'activation limbique chez les déprimés, et renforce l'idée d'une anomalie de l'activation cingulaire antérieure chez ces malades.
 
Regional brain asymmetries in
major depression with or without an
anxiety disorder : a quantitative electroencephalographic study.
BRUDER G.E., FONG R., TENKE C.E. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 939-948, mai 1997
Les dépressions anxieuses et les dépression non anxieuses diffèrent par la présence d'une asymétrie alpha témoignant d'une moindre activation cérébrales au niveau des régions postérieures droites dans les dépressions les plus pures. Dans les formes avec anxiété, on voit au contraire une augmentation de l'activité alpha à droite, dans les régions antérieures ainsi que postérieures. Les implications théoriques, cliniques et méthodologiques sont soulignées.
 
The interaction between mood and cognitive function studied with PET.
BAKER S.C., FRITH C.D. & DOLAN R.J.,
Psychological Medicine, 27 : 565-578, mai 1997
La mesure du débit sanguin cérébral régional chez des volontaires au cours d'épreuves de fluidité verbale réalisées lors d'états émotionnels manipulés (élation, dépression, neutralité) par des mises en scènes expérimentales (musiques, dons inattendus, etc...) montre que les fluctuations émotionnelles s'accompagnent d'une activation du cortex orbitofrontal latéral. Que ce phénomène soit extrapolable aux émotions pathologiques est une autre histoire.
 
Brain hypometabolism of glucose in low-weight depressed patients and in anorectic patients : a consequence of starvation ?
DELVENNE V., GOLDMAN S., BIVER F. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 69-78, juin 1997
Il existe une baisse du métabolisme glucidique cérébral chez les anorexiques mentales, mais aussi chez des déprimés amaigris, par comparaison à des témoins appariés (10 sujets par groupe). Du fait d'une corrélation entre le métabolisme glucidique cérébral et l'index de masse corporelle, l'hypothèse est soulevée que l'hypométabolisme cérébral global serait secondaire à la sous alimentation. Les anorexiques ont de surcroît un hypométabolisme cérébral pariétal.
 
 
LITHIUM
 
The combat of non-compliance during prophylactic lithium treatment.
SCHOU M., Acta Psychiatrica Scandinavica,
95 : 361-363, mai 1997
Pour Schou, ardent défenseur du lithium, les mauvais résultats rapportés dans certaines études « naturalistes » sont liées aux conditions de prescription et non au médicament lui-même. En effet, la cause la plus fréquente de récidive est la mauvaise observance du traitement, et les pierres angulaire de prévention de l'abandon du traitement que sont l'information, le soutien et la supervision du patient sont indispensables ; la prescription seule ne suffit pas.
 
Effect of lithium on steroid-induced depression.
TERAO T. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 1225-1226, juin 1997
Deux cas cliniques de traitement efficace par le lithium de dépressions secondaires à l'administration de corticoïdes.
 
Uptake of 99mTc-exametazine shown by single photon emission computed tomography before and after lithium withdrawal in bipolar patients : associations with mania.
GOODWIN G.M., CAVANAGH J.T.O., GLABUS M.F. et coll., The British Journal of Psychiatry, 170 : 426-430, mai 1997
Le sevrage brutal de lithium entraîne des modifications importantes de la perfusion cérébrale : augmentation du débit postérieur, diminution du débit limbique surtout au niveau du cortex cingulaire antérieur. Sur 14 patients testés, 7 ont développé des symptômes maniaques, corrélés à une augmentation du débit cingulaire supérieur et antérieur, ainsi qu'au niveau orbitofrontal gauche. La « localisation » des symptômes maniaques est donc différente de la topographie des modifications de vascularisation liées au sevrage.
 
Lithium pharmacokinetics in chinese manic-depressive patients.
WING Y.K. et coll., Journal of Clinical Psychopharmacology,
17 : 179-184, juin 1997
Pas de différence des paramètres pharmacocinétiques du lithium chez ces 16 maniaco-dépressifs chinois, par comparaison avec les valeurs connues chez les sujets de race caucasienne.
 
 
MÉDICOÉCONOMIE
 
Quality of life instruments in depression.
BECH P., European Psychiatry, 12 : 194-198, juin 1997
Description d'un certain nombre d'échelles de qualité de vie, incluant la SF36, la PGWB, la PCASEE, la QLSDS de Lilly, la SQOLB de Pfizer. Que choisir ?
 
Quality of Life in Depression Scale (QLDS). Development, reliability, validity, responsiveness and application.
TUYNMAN-QUA H. et coll., European Psychiatry,
12 : 199-202, juin 1997
Description d'une échelle de qualité de vie développée conjointement par des équipes hollandaises et anglaises sous l'égide d'ELI LILLY. Selon les auteurs, cette échelle a toutes les qualités de fiabilité, sensibilité, convivialité, et est en cours d'évaluation dans de nombreux pays. Un nouveau standard ?
 
Economic evaluation of paroxetine
and imipramine in depressed outpatients.
MELTON S.T., KIRKWOOD C.K., FARRAR T.W. et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 93-100, mai 1997
Comparaison de l'impact médico-économique de la paroxétine et de l'imipramine auprès de deux groupes de 12 patients déprimés, suivis pendant un an. Pas de différence globale entre les deux traitement, bien qu'on observe un surcoût lié au prix du médicament pour la paroxétine, et un surcoût lié à des hospitalisations brèves pour l'imipramine. Difficile de généraliser à partir de ces maigres effectifs, mais l'article est méthodologiquement intéressant.
 
Preliminary longitudinal assessment of quality of life in patients with major depression.
PYNE J.M., PATTERSON T.L., KAPLAN R.M. et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 23-30, mai 1997
Confrontation d'un inventaire de qualité de vie (QWB) et de l'évolution de la symptomatologie dépressive sur 6 mois chez 118 patients (comparés à 81 témoins). Les résultats sont positifs, et le QWB montre que la perte en qualité ce vie des déprimés est du même ordre que celle observée dans la plupart des maladies somatiques chroniques.
Channeling of three newly introduced antidepressants to patients not responding satisfactorily to previous treatment.
EGBERTS A.C.G. et coll., Journal of Clinical Psychopharmacology, 17 : 149-155, juin 1997
Comment sont prescrits les nouveaux antidépresseurs ? Pour le savoir, les auteurs ont examiné les prescriptions délivrées par 20 pharmacies desservant une population de 200 000 habitants, un an après l'introduction en Hollande de trois nouvelles molécules : sertraline, mirtazapine et venlafaxine. Il apparaît que ces produits représentent alors 6 % des prescriptions, et qu'ils concernent plus souvent des patients n'ayant pas répondu aux traitements antidépresseurs précédemment prescrits. On peut donc penser que les populations traitées ne sont pas comparables pour toutes les familles d'antidépresseurs, et cette particularité est à prendre en compte dans les comparaisons médico-économiques.
 
 
NEUROENDOCRINOLOGIE
 
The hypothalamic-pituitary-thyroid axis in major depression.
SULLIVAN P.F. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica,
95 : 370-378, mai 1997
Un nouvel indice endocrinien de dépression ? Entre autres mesures, (TSH, sécretion de TSH après 400 mg de TRH -maxTSH), seule la différence entre le niveau de T4 de 9h et 13 h permet de distinguer le groupe des déprimés (N=105) des témoins (N=41). Il existe aussi un lien entre dette différence-T4 et la réponse au traitement.
 
Normal pituitary response to metyrapone in the morning in depressed patients : implications for circadian regulation of corticotropin-releasing hormone secretion.
YOUNG E.A. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 1149-1155, juin 1997
La métyrapone, inhibiteur de la synthèse du cortisol, entraîne une réponse exagérée de sécrétion d'ACTH chez des déprimés comparés à des témoins, le soir (étude antérieure). Ici, le même phénomène est recherché le matin, et n'est pas retrouvé (pas de différence avec les témoins). Interprétation : la dépression se caractériserait par une perte de la mise au repos vespérale physiologique de l'axe corticotrope.
 
 
Effect of serum cholesterol levels on meta-chlorophenylpiperazine-evoked neuroendocrine responses in healthy subjects.
TERAO T., YOSHIMURA R., OHMORI O. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 974-978, mai 1997
Y a-t-il un lien entre le cholestérol sanguin et la fonction sérotoninergique ? Pour le savoir, on a administré du mCPP à des volontaires sains, étudiant les réponses hormonales (prolactine, cortisol, ACTH) et les taux de cholestérol. Il apparaît effectivement une corrélation positive entre la fonction sérotoninergique et les taux de cholestérol, notamment le LDL cholestérol. Cette observation concorde avec bien des données récentes, mais attention, elle est recueillie chez 10 volontaires japonais de sexe masculin, et doit donc être vérifiée dans un contexte occidental approprié.
 
Dexamethasone response, thyrotropin-releasing hormone stimulation, rapid eye movement latency, and subtypes of depression.
RUSH A.J., GILES D.E., SCHLESSER M.A. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 915-928, mai 1997
Très bel article : la mesure simultanée du test à la dexamethasone, du test au TRH et de la latence d'apparition du sommeil paradoxal auprès d'une population de déprimés bipolaires, de déprimés endogènes et de déprimés non endogènes permet d'évaluer la sensibilité et la spécificité de ces marqueurs biologiques dans la détection de l'endogénéité. On constate que les déprimés bipolaires et les non-bipolaires endogènes ont le même profil, et se distinguent bien des non endogènes. La latence d'apparition du sommeil REM a la plus grande sensibilité (moindre spécificité), suivie par le test à la dexamethasone puis le test au TRH.
 
Increased intra-abdominal fat deposition
in patients with major depressive illness
as measured by computed tomography.
THAKORE J.H., RICHARDS P.J., REZNEK R.H et coll., Biological Psychiatry, 41 : 1140-1142-1123, juin 1997
Tout comme les sujets souffrant de maladie de Cushing, les déprimés semblent avoir une augmentation de la graisse abdominale, ce qui s'explique par l'hypercortisolémie propre à ces deux états. Les auteurs voient là un facteur de risque du développement secondaire de diverses pathologies somatiques (diabète, hypertension, voire cancers).
 
 
Exagerated TSH responses to TRH
in depressed patients with « normal » baseline TSH
FRAUS, R.P. et coll, The Journal of Clinical Psychiatry,
58 : 266-270, juin 1997
Un hypothyroidisme infra-clinique est parfois invoqué dans les états dépressifs, et notamment dans ceux qui répondent mal aux traitements. La réalité de ce phénomène est de mieux en mieux explorée. Ici, les auteurs ont rassemblé 60 patients suspects, car ayant une TSH normale-haute (3-5,5 mIUL/l), et les ont soumis au test à la protireline. Et le test est positif dans 38 % des cas, ce qui est bien supérieur aux 6 % de la population générale euthyroidienne. Un test à pratiquer plus souvent ?
 
 
NEUROMÉDIATEURS
 
Molecular and cellular mechanisms
of antidepressant drugs.
OWENS M.J., Depression and Anxiety 4 (4) : 153-159, 1997
Revue de la littérature sur le mode d'action des antidépresseurs : analyse de tous leurs effets, recherches d'explications au paradoxe classique (augmentation rapide de la concentration synaptique en neurotransmetteurs alors que l'effet thérapeutique est beaucoup plus long à survenir), et intérêt des voies nouvelles (récepteurs aux stéroïdes, facteurs de croissance, etc.).
 
Effects of fluoxetine administration
on mood response to tryptophan depletion
in healthy subjects.
BARR L.C., HENINGER G.R., GOODMAN W. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 949-963, mai 1997
On se rappelle que la déplétion en tryptophane entraîne la réapparition de symptômes dépressifs chez des patients déprimés améliorés par un traitement sérotoninergique. Comme cette épreuve ne modifie pas les symptômes de déprimés non traités ou de déprimés traités par des antidépresseurs noradrénergiques, les auteurs ont voulu vérifier que ce phénomène n'est pas tout simplement du à l'IRS. D'où cette étude un peu tirée par les cheveux, montrant finalement que le traitement par fluoxétine (6 semaines) de 6 volontaires sains ne prédispose pas à l'effet depressogène d'une déplétion en tryptophane.
 
 
NEUROPSYCHOLOGIE
 
Cognition, negative symptoms, and diagnosis : a comparison of schizophrenic, bipolar,
and control samples.
HAWKINS K.A., HOFFMAN R.E., QUINLAN D.M. et coll., Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences
9 : 81-89, hiver 1997
Étude des fonctions cognitives (essentiellement la WAIS, à laquelle ont été ajoutés quelques tests explorant plus spécifiquement le langage, le vocabulaire et l'écriture) chez des schizophrènes et des bipolaires, comparés à des contrôles. C'est la présence de symptômes négatifs (émoussement affectif et pauvreté du discours) qui fait surtout la différence entre les malade. C'est-à-dire que les bipolaires ont des performances cognitives bien supérieures aux schizophrènes quand ceux-ci sont considérés globalement, mais identiques, ou même inférieures pour certains tests, quand ils sont comparés aux schizophrènes qui n'ont aucun symptôme négatif.
 
Discrimination and response bias in memory : effects of depression severity and psychomotor retardation.
BRÉBION G., SMITH M.J., WIDLOCHER D.,
Psychiatry Research, 70 : 95-104, mai 1997
Cette étude française tente de préciser si les troubles de la mémoire constatés au cours d'épreuves de reconnaissance mnésique chez des déprimés sont dus à une atteinte de la discrimination, ou à un biais de réponse lié à la psychopathologie (dans le doute, les sujets déprimés auraient tendance à répondre par la négative). la comparaison de 26 déprimés à des témoins met en évidence une baisse de la discrimination, sans objectiver de biais de réponse. Mais au sein des déprimés, il y a une corrélation entre un biais de réponse et l'intensité du ralentissement, ainsi qu'une corrélation entre l'atteinte de la discrimination et la sévérité de l'épisode.
 
Conjurate lateral eye movements during exacerbation of paranoid schizophrenia and the acute episode of major depression.
BORKOWSKA A. and RYBAKOWSKI J.K.,
Biological Psychiatry, 41 : 1065-1067, mai 1997
Les mouvements oculaires latéraux conjugués suscités lors de tâches cognitives permettent de calculer un index de latéralité cérébrale. Pendant l'exacerbation de la symptomatologie dépressive, on observe un avantage de l'hémisphère droit (ou un désavantage du gauche) lors des tâches cognitives. C'est l'inverse pour les états schizophréniques aigus.
 
 
 
PERSONNALITÉ
 
Depression and axis II disorders : comorbidity and relationship
to cooperativeness.
LOTT V.M., DUNNER D.L., Depression and Anxiety
4 (6) : 268-272, 1997
Les auteurs cherchent à vérifier l'hypothèse selon laquelle les patients qui présentent des dépressions chroniques et graves ont plus de troubles de la personnalité que les autres (ils étudient surtout les personnalités antisociales et borderline). Les résultats sont négatifs, c'est-à-dire que l'hypothèse n'est pas vérifiée. S'ensuit une intéressante discussion méthodologique.
 
Relationship between the five-factor
model of personality and unipolar, bipolar
and schizophrenic patients.
BAGBY R.M., BINDSEIL K.D., SCHULLER D.R. et coll., Psychiatry Research, 70 : 83-94, mai 1997
La confrontation de trois groupes de patients dont la pathologie psychiatrique pouvait être considérée comme en rémission ou résiduelle (62 déprimés unipolaires, 34 bipolaires, 41 schizophrènes) à un modèle de personnalité à 5 facteurs (Névroticisme, Extraversion, Ouverture, caractère Agréable, Consciencieux). Les unipolaires sont plus « Agréables » que les schizophrènes ; les bipolaires ont des scores supérieurs aux unipolaires à la sous-échelle d'émotions positives de l'Extraversion ; les schizophrènes ont des scores inférieurs aux deux autres groupes aux sous échelles de sentiments, de valeurs et d'actions de l'« Ouverture ». Pas de différence entre les groupes pour Névroticisme et Consciencieux.
 
Temperament and personality features in panic disorder with our without comorbid mood disorders.
AMPOLLINI P. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica,
95 : 420-423, mai
Belle étude : la comparaison de patients présentant une comorbidité dépression-trouble panique à des patients ne souffrant « que » de trouble panique, selon la présence de trouble de la personnalité ou les scores à l'échelle tridimensionnelle de Cloninger, met en évidence un trouble de la personnalité chez 86 % des sujets comorbides contre 62 % des paniqueurs (p<0,05). La différence est surtout due à la personnalité dépendante (50 % vs 17 %) et la personnalité limite (9 % vs 0 %). En terme dimensionnel, seul l'évitement de la souffrance est significativement plus élevé chez les comorbides, et cette différence est liée au trouble de la personnalité et non à la dépression.
 
Evaluating the diagnostic specificity
of the Munich personality test dimensions
in major depression.
SAKADO K., SATO T., UEHARA T., et coll.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 187-194, mai 1997
Exploration de la spécificité diagnostique du questionnaire de personnalité de Munich (MPT) dans la dépression, en comparant des déprimés, des patients souffrant de trouble panique et des témoins. Des 6 dimensions du MPT, la rigidité (dérivée du concept de personnalité dépressive de Tellenbach) est la seule qui identifie correctement les déprimés. Il est intéressant que ce résultat ait été obtenu au sein d'une autre culture, auprès de patients japonais.
 
 
PHARMACOLOGIE
 
Managing rapid metabolizers
of antidepressants.
KRAUS R.P., DIAZ P., McEACHRAN A.,
Depression and Anxiety 4 (6) : 320-327, 1997
On sait qu'il existe des patients qui métabolisent très rapidement les antidépresseurs, ce qui conduit à des taux plasmatiques infra-thérapeutiques, et donc à une absence d'efficacité. Les auteurs proposent d'ajouter au traitement de la fluoxétine ou de la paroxétine, qui sont des inhibiteurs du cytochrome P450 2D6, ce qui inhibe la métabolisation trop rapide du premier antidépresseur. C'est ce qu'ils ont fait chez 12 patients sous désipramine, avec succès pour 7 d'entre eux. Reste à savoir si l'effet thérapeutique est lié à l'augmentation des taux sanguins de désipramine, ou à un effet propre de l'IRS...
 
Plasma levels of citalopram enantiomers
and metabolites in elderly patients.
FOGLIA J.P., POLLOCK B.G., KIRSHNER M.A., et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 109-112, mai 1997
Il faut tenir compte (en tout cas pour le citalopram) de la stéréospécificité des molécules pour interpréter les données pharmacologiques. On voit ici chez 10 sujets âgés traités par citalopram que le rapport des énanthiomères est différent de celui rapporté chez des adultes d'âge moyen. Cela peut être important pour une molécule dont l'activité pharmacologique est située sur la forme S (+).
POST-PARTUM
 
Critères DSM IV pour la dépression du post-partum : critiquables ?
GODFROID I.O., L'Encéphale, 23 : 224, mai-juin 1997
Cette critique des critères du DSM IV pour les dépressions puerpérales semble fondée. La restriction diagnostique aux 4 semaines suivant l'accouchement est excessive, de tels états étant susceptibles de survenir avec une fréquence particulière jusqu'à 8 à 10 semaines après l'accouchement.
 
Parapartum mental illness : an interview follow-up study.
BAGEDAHL-STRINDLUND M.,
Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 389-395, mai 1997
Que deviennent ces femmes qui ont souffert de troubles mentaux autour de la naissance d'un enfant ? La question est importante, mais la réponse souffre d'un mélange des pathologies la rendant peu lisible. Sont en effet mélangées des schizophrènes (10), des déprimées et maniaques (13), des alcooliques (5), des psychoses fonctionnelles non spécifiées (10) et d'« autres troubles » (16). Cette réponse est plutôt pessimiste, puisque notamment, interrogées 6 ans après, un tiers des patientes ne vivent pas avec leur enfant (contre 3 % des témoins), 22 % ont eu une invalidité ou une AAH dans les trois dernières années (aucun des témoins), et le taux de suicide a été de 4,5 %, le taux de réadmission psychiatrique de 46 %.
 
Antenatal depression and thyroid antibodies.
ORETTI R.G., HUNTER C., LAZARUS J.H. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 1143, juin 1997
Les dépressions anténatales sont moins connues que les dépressions du post-partum. Cette étude qui voulait vérifier si les dépressions anténatales sont plus fréquentes en présence d'anticorps antithyroïdiens (phénomène évoqué dans les dépressions post natales) apporte une réponse négative à la question principale, mais fournit des indications sur la fréquence du trouble, puisque sur 266 questionnaires (comprenant entre autres l'échelle de dépression puerpérale d'Edimburgh), les auteurs retrouvent 21 % de dépression dans les 48 % de réponses. C'est donc loin d'être exceptionnel.
 
Post-partum blues and mild depressive symptomatology at days three and five after delivery. A french cross sectional study.
SUTTER A.L., LEROY V., VERDOUX H. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 1-4, juin 1997
Étude française originale : il est rare de lire des travaux sur le post-partum ne faisant pas appel à la désormais universelle échelle de dépression post natale d'Edimburgh. Quoi qu'il en soit, les auteurs retrouvent une incidence de 42 % de blues chez les 87 jeunes mamans examinées aux jours 3 et 5 après l'accouchement à l'aide de l'échelle de blues de Kennedy et Garth. Ils suggèrent que l'expression d'un blues intense pourrait être la première manifestation d'une vraie dépression puerpérale. Cette étude ne le démontre pas.
 
The prevalence of early postpartum
psychiatric morbidity in Dubaï :
a transcultural perpective.
ABOU-SALEH M.T., GHUBASH R.,
Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 428-432, mai 1997
La prévalence de troubles psychiatriques du post partum (incluant la dépression) évalués au 2ème jour par les SPQ et au 7ème jour par l'échelle de dépression postnatale d'Edimburgh est proche (respectivement 24 % et 18 %) chez ces 95 femmes de Doubaï de ce qui est rapporté dans les sociétés occidentales.
 
 
PRÉVENTION
 
Compliance with maintenance treatment
in bipolar disorder.
KECK P.E., McELROY S.L., STRAKOWSKI S.M. et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 87-92, mai 1997
Les bipolaires sont souvent indisciplinés avec leur traitement. Il est intéressant de constater, à partir du suivi pendant un an de ces 140 sujets, que l'inobservance thérapeutique concerne un patient sur deux ! Elle est majeure lorsqu'existe un abus de substances toxiques associé, et moindre chez l'homme caucasien. L'association de lithium et divalproex est la plus fidèlement absorbée, suivie d'une tri-thérapie lithium-divalproex-neuroleptiques.
 
 
PSYCHOMÉTRIE
 
« Are you depressed ? » Screening for depression in the terminally III.
CHOCHINOV H.M., WILSON K.G., ENNS M. et coll.,
The American Journal of Psychiatry, 154 : 674-676, mai 1997
C'est un peu surréaliste : voilà une échelle de dépistage de la dépression chez des malades en phase terminale. Il suffit de demander : "êtes vous déprimé ?". Cela marche aussi bien (mieux, en fait) que le questionnaire de Beck, une échelle visuelle analogique, et un entretien semi-structuré à 2 items (sic). Et une publication, une !
 
Discriminant validity of the inventory to diagnose depression between patients with major depression and pure anxiety disorders.
UEHARA T. et coll., Psychiatry Research, 71 : 57-62, juin 1997
Étude japonaise évaluant la validité discriminante d'un auto questionnaire de dépression, l'IDD, supposé aboutir à des diagnostics de dépression selon le DSM-III-R. A partir de 40 déprimés, de 20 anxieux n'ayant jamais été déprimés et de témoins, la discrimination est correcte, sans plus, puisqu'il y a pas mal de faux positifs dans le groupe des anxieux.
 
Predictive power and construct validity
of the level of expressed emotion (LEE) scale. Depressed out-patients and couples
from general community.
GERLSMA C., HAIE III W.W., The British Journal of Psychiatry, 170 : 520-525, juin 1997
Evaluation auprès d'une population de 26 déprimés ambulatoires (et de leurs compagnons) ainsi que de 40 couples témoins, d'un questionnaire mesurant le niveau d'émotions exprimées. Cette échelle s'avère valide, avec une bonne corrélation avec la symptomatologie dépressive, l'insatisfaction relationnelle, et le style de « coping ». De surcroît, elle est prédictive du degré d'amélioration à 6 mois.
 
 
PSYCHOTHÉRAPIE
 
The influence of cognitive variables on recovery in depressed inpatients.
BOTHWELL R., SCOTT J., Journal of Affective Disorders, 43 : 207-212, mai 1997
Quarante deux patient déprimés ont été examinés à leur admission hospitalière puis deux ans après. Le passage à la chronicité était lié à un ensemble de facteurs (sexe féminin, patient âgé, sévérité initiale de l'épisode, durée antérieure, attitudes dysfonctionnelles et faible estime de soi). L'important est que la sévérité initiale, la faible estime de soi et les attitudes dysfonctionnelles avec besoin d'approbation pouvaient être identifiés dès le départ, et l'on peut penser que la prise en compte de ces particularités cognitives par une stratégie psychothérapique adéquate précoce aurait permis d'infléchir cette évolution. A confirmer toutefois.
The efficacy of imipramine and psychotherapy in early-onset chronic depression :
a reanalysis of the National Institute
of Mental Health treatment of depression collaborative research program.
AGOSTI V., OCEPEK-WELIKSON K.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 181-186, mai 1997
Thérapie cognitivo-comportementale, psychothérapie interpersonnelle ou traitement médicamenteux par imipramine : aucune de ces approches thérapeutiques ne se révèle supérieure au placebo dans le traitement de troubles dépressifs chroniques à début précoce. Mais l'effectif de patients, tiré de l'étude collaborative sur le traitement de la dépression organisée par le ministère de la santé américain, est faible (65 patients).
 
Inducing lifestyle regularity in recovering bipolar disorder patients :
results from the maintenance therapies
in bipolar disorder protocol.
FRANK E. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 1165-1173, juin 1997
Le groupe de Pittsburgh, décidément fort créatif, frappe encore, en montrant tout l'intérêt l'une approche psychosociale particulière, qui combine les éléments d'une psychothérapie interpersonnelle à une gestion des rythmes sociaux. Associée à un traitement prophylactique traditionnel à base de thymorégulateurs, ce traitement est significativement supérieur à l'entretien clinique pharmacothérapique habituel, dans l'obtention d'une régularité des routines quotidiennes, du moins la première année. Reste à démontrer si ce bénéfice contribue à protéger les patients des récidives, et ce travail est sans doute en cours.
 
Advances in cognitive therapy.
SCOTT, J., Current Opinion in Psychiatry, 10 : 256-260, mai 1997
Revue des données récentes sur les approches psychothérapiques cognitives dans divers domaines psychiatriques, notamment dans les troubles de l'humeur. Il semble confirmé que certains facteurs comme la sévérité ou le retentissement neuroendocrinien de la dépression rendraient cette approche moins efficace.
 
 
RÉCEPTEURS
 
Platelet [3H] imipramine and [3H] paroxetine binding in depressed patients.
ROSEL P., MENCHON J.M., VALLEJO J. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 79-86, juin 1997
La comparaison de la liaison plaquettaire de l'imipramine et de la paroxétine tritiées, tant chez des témoins (N=63) que chez des déprimés avec mélancolie (N=18) donne des résultats qui ne sont pas totalement superposables. C'est ainsi que chez les témoins, il n'y a pas de corrélation entre les valeurs pour l'imipramine et l'âge, alors qu'on trouve une corrélation négative avec l'âge pour le Bmax de la paroxétine. Chez les déprimés, existe une diminution du Bmax de l'imipramine avec une augmentation du Kd, mais ces valeurs ne sont par différentes de celles des témoins pour la paroxétine. Les auteurs suggèrent que ces particularités ont un rapport avec la meilleure spécificité thérapeutique des imipraminiques dans les dépressions sévères, états où l'efficacité des IRS est encore discutée.
 
 
SISMOTHÉRAPIE
 
Neuropsychiatric considerations in the use of electroconvulsive therapy.
KRYSTAL A.D., COFFEY C.E., Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences 9 : 283-292, printemps 1997
Revue très complète sur l'utilisation des ECT en neurologie (Parkinson, syndrome malin des neuroleptiques, dystonie, delirium), et quand la dépression est associée à d'autres pathologies (hypopituitarisme, épilepsie, catatonie, démences, sclérose en plaques, tumeurs cérébrales, hydrocéphalie, maladies cardio-vasculaires, et bien d'autres encore). Beaucoup d'applications surprenantes des ECT.
 
 
Heart rate variability before and after treatment with electroconvulsive therapy.
SCHULTZ S.K., ANDERSON E.A., VAN DE BORNE P., Journal of Affective Disorders, 44 : 13-20, juin 1997
Le traitement de la dépression par électrochocs entraîne une baisse relative de l'activité parasympathique (évaluée par l'évolution de l'arythmie cardiaque respiratoire), et ce phénomène est corrélé à l'amélioration de la symptomatologie dépressive.
 
Half a century of ECT use in young people.
REY, J.M. et WALTER, G., The American Journal of Psychiatry, 154 : 595-602, mai 1997
A première vue, l'ECT marche aussi bien chez l'enfant et l'adolescent que chez l'adulte, dans les mêmes indications. Mais en fait les données scientifiques sont vieillottes, car sur les 60 articles recensés (396 patients), 63 % sont des cas cliniques. Les séries les plus nombreuses remontent aux années 40 (notamment une série française publiée par Heuyer). Tout ceci est donc à vérifier et à corroborer par des travaux plus récents, si possible contrôlés.
 
 
SOMMEIL
 
Differential response of rapid eye movement sleep to cholinergic blockade by scopolamine in currently depressed, remitted, and normal control subjects.
POLAND R.E., McCRACKEN J.T., LUTCHMANSINGH P. et coll., Biological Psychiatry, 41 : 929-938, mai 1997
Un peu compliquée, cette étude évaluant la réponse à la scopolamine des paramètres du sommeil (latence, densité et activité REM) chez des déprimés, des sujets en rémission et des témoins. On en retiendra que l'action différentielle sur l'activité et la densité du sommeil REM est compatible avec l'hypothèse d'une hyperactivité cholinergique dans la dépression, mais que le profil de réponse de la latence du sommeil REM s'explique mieux par un effet aminergique primaire. A noter aussi la persistance d'anomalies chez les patients en rémission. S'agit-il d'un marqueur de risque de récidive, ou d'un marqueur de trait ?
 
 
Sleep deprivation combined with consecutive sleep phase advance as a fast-acting therapy in depression : a open pilot trial in medicated and unmedicated patients.
BERGER M. et coll., American Journal of Psychiatry,
154 : 870-872, juin 1997
La privation totale de sommeil peut s'avérer rapidement efficace dans la dépression, mais le résultat clinique est bien souvent éphémère, ce qui est attribué à un effet dépressogène du sommeil de seconde partie de nuit. Dans cette étude pilote effectuée auprès de 33 patients hospitalisés, l'effet antidépresseur de la privation totale est prolongé si l'on fait suivre la procédure par une avance de phase de sommeil (sommeil de 17 à 24 h, puis en décalant chaque jour d'une heure jusqu'à retour à un horaire normal).
 
Identifying an abnormal electroencephalographic sleep profile to characterize major depressive disorder.
THASE M.E., KUPFER D.J., FASICZKA A.J. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 964-973, mai 1997
Construction d'un index composite des paramètres du sommeil permettant de caractériser la dépression. La formule magique est la suivante : -20,5 + (.0519*RL) - (1,61*RD) + (0,22*SE), où RL est la latence du sommeil REM, RD est la densité du sommeil REM, et SE est l'efficience du sommeil. Cet indice distingue les déprimés des témoins, et au sein des déprimés, isole un sous groupe de sujets plus âgés, et répondant moins bien aux psychothérapies de la dépression, cognitives ou interpersonnelles.
 
A multicenter, double-blind comparison
of the effects of nefazodone and fluoxetine on sleep architecture and quality of sleep in depressed outpatients.
ARMITAGE R. et coll., Journal of Clinical Psychopharmacology, 17 : 161-168, juin 1997
A efficacité antidépressive égale avec la fluoxétine, la néfazodone améliore l'efficience du sommeil, augmente le sommeil REM, en diminue la latence d'apparition, et ne touche pas le stade 1. Par contraste, la fluoxétine augmente le stade 1, la latence REM, tout en réduisant la durée totale du sommeil REM.
 
Sleep disturbance and suicidal behavior in patients with major depression.
AGARGUN, M.Y. et coll, The Journal of Clinical Psychiatry, 58 : 249-251, juin 1997
Y a-t-il un lien entre les troubles du sommeil et le risque suicidaire ? A partir d'une cohorte de 113 admissions consécutives pour dépression, il apparaît que les scores de suicide à la SADS sont significativement plus élevés chez les patients qui ont une insomnie (N=69) ou une hypersomnie (N=20), que chez les 24 « déprimés » sans trouble du sommeil.
 
 
SUICIDE
 
Personality disorder and suicide.
A case-control study.
CHENG A.T.A., MANN A.H. et CHAN K.A.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 441-446, mai 1997
Cette étude a été réalisée à Taiwan, à partir des 116 suicides perpétrés entre juillet 89 et décembre 91 au sein de trois ethnies : chinois han, et deux populations aborigènes, les Atayal et les Ami. Toute extrapolation occidentale sera donc hasardeuse. Quoi qu'il en soit, entre 1/2 et 3/4 des sujets présentaient un trouble de la personnalité selon l'ICD10, le plus fréquent étant la personnalité émotionnellement instable. Le cocktail le plus détonnant est l'association de personnalité émotionnellement instable et de dépression sévère.
 
Mental disorders and suicide in Northern Ireland.
FOSTER T., GILLESPIE K. et McCLELLAND R.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 447-452, mai 1997
L'autopsie psychologique de 118 sujets décédés de suicide en un an en Irlande du nord retrouve une pathologie psychiatrique dans 90 % des cas : au moins un diagnostic sur l'axe 1 dans 86 % des cas, et au moins un diagnostic de personnalité pathologique dans 44 % des cas, une comorbidité étant retrouvée dans 55 % des cas. Chez les hommes de moins de 30 ans, on trouve un peu moins de pathologies sur l'axe 1, et le dernier contact avec un professionnel de santé mentale est plus lointain.
 
Suicide in Avon. Life stress, alcohol misuse and use of services.
VASSILAS C.A. et MORGAN H.G.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 453-455, mai 1997
L'examen des suicides recensés par les services du Coroner et les registres hospitaliers du comté d'Avon pendant 20 mois met en lumière les caractéristiques du suicide des jeunes hommes, qui en font un groupe à risque particulier, laissant peu de place à la prévention : impulsivité, problème relationnel dans les trois jours précédant l'acte, faible propension à demander de l'aide.
 
Fluoxétine, akathisie et suicide.
LANCON C. et coll., L'Encéphale, 23 : 218-223, mai-juin 1997
Quelques cas de suicide sous fluoxétine ont été attribués à l'apparition d'une akathisie. Cette revue de la littérature à ce sujet relativise nettement l'incidence de ces complications, qui restent rares, et ne seraient pas spécifiques de cette molécule. Quelques conseils utiles, notamment des règles de prudence particulière dans l'ascension posologique ou chez les patients antérieurement traités par IMAOs, ce qui est une éventualité plutôt rare dans notre pays.
 
Clinical characteristics and biological parameters in temperamental clusters of suicide attempters.
ENGSTRÖM G., ALLING C., GUSTAVSSON P. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 44 : 45-56, juin 1997
L'application, à 215 suicidants, des Karolinska Scales of Personality, permet de les classer en 4 clusters dont deux franchement déviants : le cluster 3 comprend des patients névrotiques impulsifs et agressifs, souffrant souvent de dysthymie, et proches du cluster B (personnalités limites ou histrioniques) ; le cluster 2 comprend des sujets névrotiques introvertis, souvent déprimés. Les clusters 1 et 4 sont proches de la normale. Un certain nombre d'examens biologiques ont été pratiqués auprès d'une partie des patients (monoamines et métabolites dans le LCR, DST, activité MAO plaquettaire), mais aucune corrélation n'apparaît.
 
Serotonergic, noradrenergic, and dopaminergic measures in suicide brains.
ARRANZ B., BLENNOW K., ERIKSSON A. et coll.,
Biological Psychiatry, 41 : 1000-1009, mai 1997
Pas de différence spécifique de concentration des trois principales monoamines et de leurs métabolisme dans les cerveaux (cortex frontal, gyrus cingulaire, hypothalamus) de suicidés (n=18) par comparaison à des témoins (n=23). Les seules différences émergeant sont clairement liées à la méthode de suicide (comme par exemple l'augmentation de la dopamine et de la noradrénaline en cas d'intoxication par oxyde de carbone).
 
Serotonin transporter binding sites and mRNA levels in depressed persons commiting suicide.
LITTLE K.Y. et coll., Biological Psychiatry,
41 : 1156-1164, juin 1997
Pour être fidèle à la théorie sérotoninergique du suicide et de la dépression, des patients déprimés suicidés devraient avoir moins de sites de liaison du transporteur de la sérotonine, et moins d'ARNm correspondant. Malheureusement, cette hypothèse n'est pas confirmée par cette comparaison de 8 sujets et de contrôles appariés.
 
Recent life events and suicide
in personality disorders.
HEIKKINEN, M.E. et coll, the Journal of Nervous and Mental Disease, 6 : 373-381, juin 1997
L'autopsie psychologique de sujets représentant un an de suicides en Finlande permet de distinguer les sujets selon la présence d'un trouble de la personnalité. Les événements de vie dans les trois mois ainsi que dans la semaine qui précède l'issue fatale sont recensés, et il apparaît que les sujets à trouble de la personnalité ont subi beaucoup plus de revers que les autres, notamment dans le domaine professionnel ainsi que d'un point de vue relationnel. Et ceci n'est pas expliqué par d'autres facteurs tels que l'âge, le sexe, l'existence d'une comorbidité dépressive ou alcoolique.
How are nations trying to prevent suicide ? An analysis of national suicide
prevention strategies.
TAYLOR S.J. et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 457-463, juin 1997
Vraiment intéressante, cette enquête réalisée dans 15 pays, sur les programmes nationaux de prévention du suicide. Neuf pays ont répondu, et au hit parade, on trouve les scandinaves, l'Australie et la Nouvelle Zélande, avec des programmes intégrés. La France, au même rang que la Grande Bretagne, les USA et l'Estonie, n'a qu'un programme de prévention national.
 
Suicidality in eating disorders : clinical and psychological correlates.
FAVARO A., SANTONASTASO P.,
Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 508-514, juin 1997
L'incidence d'antécédents de comportements suicidaires dans cet échantillon de 495 clients consécutifs d'une consultation pour troubles du comportement alimentaire est de 13 %, avec idéation suicidaire actuelle pour 29 %. Les antécédents suicidaires concernent plus souvent les anorexiques avec fringales/purges et les boulimiques qui se purgent. On note aussi que les boulimiques ont plus de symptômes psychiatriques et ont été plus souvent victimes d'abus sexuels dans leur enfance.
 
 
SUJET AGÉ
 
Recurrence and relapse in geriatric depression : a review of risk factors and prophylactic treatment strategies.
STOUDEMIRE A., Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences 9 : 208-221, printemps 1997
Revue de la littérature sur la dépression chez les personnes âgées, s'intéressant particulièrement à la fréquence des rechutes et du passage à la chronicité, ainsi qu'aux facteurs de risque et aux stratégies thérapeutiques. Par un spécialiste du sujet. Considérations intéressantes sur l'intérêt des ECT chez les personnes âgées.
 
Clinical, motor, and biological correlates
of depressive disorders after focal
subcortical lesions.
LAUTERBACH E.C., JACKSON J.G., PRICE S.T. et coll., Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences
9 : 269-266, printemps 1997
Les lésions focales sous-corticales sont fréquentes chez les personnes âgées. Il est montré ici que 20 % des personnes âgées ayant ce type de lésion souffrent de dépression majeure, et 4,4 % de dépression d'un type non spécifié. Les dépressions majeures sont associées à des lésions du pallidum dans près de 90 % des cas. La grande majorité des dépressions sont associées à des troubles dystoniques ou parkinsoniens. Description d'une approche anatomo-physiologique intéressante des divers types de dépression en fonction de la localisation des lésions.
 
Effect of continuation treatment on
residual symptoms in late-life depression :
how well is « well ».
OPDYKE K.S., REYNOLDS C.F. III, FRANK E., et coll., Depression and Anxiety 4 (6) : 312-319, 1997
Étude des symptômes résiduels chez 105 déprimés âgés, traités (nortriptyline et psychothérapie), et évalués tous les 15 jours pendant 4 mois. Dans l'ensemble, l'évolution est bonne, avec disparition de la plupart des symptômes. C'est surtout dans le cas des dépressions « situationnelles » (événement de vie, ou stress chronique) que l'on retrouve le plus de symptômes résiduels. Mais quand la dépression survient dans le cadre d'une maladie somatique, d'un trouble de la personnalité ou d'un manque de support social, le traitement est en général très efficace.
 
Treatment, outcome and predictors of response in elderly depressed in-patients.
HEEREN T.J., DERKSEN P., HEYCOP B.F.V. et coll.,
The British Journal of Psychiatry, 170 : 436-440, mai 1997
Cette évaluation prospective naturaliste du traitement antidépresseur de sujets âgés pris en charge au sein de trois unités psychogériatriques hollandaises alerte une nouvelle fois sur un manque d'ambition thérapeutique chez ce type de patients : 35 à 45 % des patients seulement ont eu une guérison complète. Si 90 % ont reçu un traitement antidépresseur, la posologie prescrite était inférieure à celle préconisée pour un sujet adulte dans 55 % des cas, et dans plus d'un cas sur deux, un seul traitement a été prescrit.
 
Treatment of elderly institutionalized bipolar patients with clozapine.
SHULMAN R.W., SINGH A. and SHULMAN K.I., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 113-118, mai 1997
Description du traitement de trois sujets âgés hospitalisés pour des états maniaques délirants intenses ayant résisté à toutes les approches pharmacologiques conventionnelles. La clozapine, à posologies pourtant modestes (25-112,5 mg) s'est avérée efficace dans ces trois cas, avec un résultat thérapeutique maintenu au fil des mois.
THÉRAPEUTIQUE
 
The role of the alliance in the pharmacologic treatment of depression.
WEISS M. et coll., The Journal of Clinical Psychiatry,
58 : 196-204, mai 1997
On sait mesurer l'alliance thérapeutique, et il est bien démontré que c'est le facteur principal du succès des psychothérapies. Ce qu'on ne savait pas, et qu'on va découvrir au travers de cette étude, c'est l'impact de l'alliance thérapeutique sur l'évolution des patients déprimés traités par antidépresseurs. L'alliance thérapeutique prend en compte 21 à 46 % de l'évolution, la perception de l'alliance par le thérapeute ayant un poids supérieur à celle du patient. En prime, le lecteur trouvera en annexe les versions pour patient et pour thérapeute de la « California Pharmacotherapy Alliance Scale ».
 
Treatment of severe depression with selective serotonin reuptake inhibitors.
SCHATZBERG A.F., Depression and Anxiety 4 (4) : 182-189, 1997
Il est encore habituel d'entendre que les IRS sont surtout indiqués dans les dépressions les moins graves, alors que les dépressions graves devraient toujours bénéficier des tricycliques. Ce n'est pas l'avis de l'auteur qui fait une revue de 16 études contrôlées d'utilisation des IRS dans les dépressions graves, et conclut que les IRS sont aussi efficaces, et mieux tolérés, que les tricycliques dans ce type de dépression.
 
Decision model for the acute treatment
of mania.
STEFFENS D.C., KRISHNAN K.R.R., Depression and Anxiety 4 (6) : 289-293, 1997
Présentation d'un programme informatique de prise de décision pour le traitement d'un épisode maniaque simple. Tient compte de 3 facteurs : efficacité, tolérance, coût. Avec 6 options de traitement : lithium, valproate, carbamazépine, clonazépam, neuroleptiques, ECT. Et, au décours d'une bataille de 3 mois, un « top choice » émerge : le valproate. Pour agités du logiciel.
 
Utilisation de la lévothyroxine à haute dose dans le traitement des troubles bipolaires à cycles rapides. Revue de la littérature et premières applications thérapeutiques à propos de 6 cas.
AFFLELOU S. et coll., L'Encéphale,
23 : 209-217, mai-juin 1997
Excellente revue de la littérature sur un thème très en vogue actuellement, le traitement par adjonction de thyroxine à haute dose (supressive) des cycles rapides. Les auteurs ne se contentent pas de décrire 6 cas cliniques, ils proposent un schéma thérapeutique précis pour la mise en route et la surveillance de ce traitement.
 
A preliminary study on the efficacy of sertraline and imipramine on anger attacks in atypical depression and dysthymia.
FAVA M., NIERENBERG E.A., QUITKIN F. et coll., Psychopharmacology Bulletin, 33 : 101-104, mai 1997
Dans le cadre d'un essai thérapeutique explorant l'activité de la sertraline, comparée à l'imipramine et au placebo, chez 166 patients ambulatoires souffrant de dépressions atypiques ou de dysthymies primaires, on observe un arrêt des accès de colère injustifiés chez 53 % des patients sous sertraline, 57 % des patients sous imipramine, contre 37 % des patients sous placebo. Ce n'est pas significatif, et malgré les efforts promotionnels inlassables de M. Fava pour son concept d'« anger attacks » on n'a pas l'impression qu'il s'agisse d'autre chose que d'une manifestation comportementale périphérique.
 
Pulse-dosing and conventional application
of doxepin : effects on psychopathology
and hypothalamus-pituitary-adrenal
(HPA) system.
DEUSCHLE M. et coll., Journal of Clinical Psychopharmacology, 17 : 156-160, juin 1997
La doxépine, administrée en dose de charge une fois par semaine pendant 6 semaines, est moins efficace que l'administration quotidienne traditionnelle. Pourtant, les deux modalités thérapeutiques produisent le même effet d'atténuation de la sécrétion de cortisol. Les auteurs avaient voulu reproduire des résultats publiés ailleurs et concernant la clomipramine.
 
Selective serotonin reuptake inhibitor-induced serotonins syndrome : review.
LANE R. BALDWIN D., Journal of Clinical Psychopharmacology, 17 : 208, juin 1997
Excellente revue sur le syndrome sérotoninergique dans les traitements par antidépresseurs inhibiteurs spécifique de la capture de la sérotonine. Que faire ? Tout d'abord, savoir le reconnaître. Puis, suspendre le traitement incriminé, et dans les cas graves, recourir aux médicaments antisérotoninergiques que sont la cyproheptadine, le méthysergide et le propranolol.
 
 
Co-administration of fluoxetine and sumatriptan : the Canadian experience.
JOFFE R.T., SOKOLOV S.T.H., Acta Psychiatrica Scandinavica, 95 : 551, juin 1997
Attention, en traitant des migraineux déprimés, au risque d'effets secondaires ou de syndrome sérotoninergiques par l'association fluoxétine- sumatriptan.
 
 
TROUBLE BIPOLAIRE
 
Management of the depressive component of bipolar disorder.
KALIN N.H., Depression and Anxiety 4 (4) : 190-198, 1997
Le lithium est un traitement efficace des troubles de l'humeur, mais il n'empêche pas, dans beaucoup de cas, la survenue de rechutes dépressives. Pour l'auteur, il est souvent utile d'ajouter un antidépresseur. Et, parmi les antidépresseurs, les IRS auraient plusieurs avantages : plus grande efficacité, meilleure tolérance, et moins de risque de virage maniaque. Mais l'intérêt dans cette indication des IMAO, du bupropion et des ECT n'a pas encore été suffisamment exploré.
 
Clinical subtypes of bipolar mixed states. Validating a broader European definition
in 143 cases.
PERUGI G., AKISKAL H.S., MICHELI C. et coll.,
Journal of Affective Disorders, 43 : 169-180, mai 1997
Les auteurs ont réuni 143 patients diagnostiqués « états mixtes » selon une définition européenne d'inspiration kraepelinienne, et les ont comparés à des patients présentant un état maniaque selon le DSM IV. On remarque que seuls 54 % de ces états mixtes correspondent à la définition du DSM IV. Il n'y a pas de différence démographique ou familiale entre les mixtes et les maniaques, mais la durée moyenne des épisodes est supérieure dans les cas mixtes. Chez les maniaques, on trouve surtout un tempérament hyperthymique, alors que chez les mixtes, on trouve à la fois hyperthymie et tempérament dépressif. La conclusion principale est que l'état mixte ne se résume pas à la simple superposition de symptômes dépressifs et maniaques, mais qu'il peut exprimer l'intrusion d'une excitation sur un tempérament dépressif, ou d'une mélancolie sur un tempérament hyperthymique.
 
Chronic neuroleptic exposure
in bipolar outpatients.
SERNYAK M.J. et coll., The Journal of Clinical Psychiatry,
58 : 193-195, mai 1997
Si le discours officiel concernant le traitement pharmacologique des bipolaires est d'éviter les neuroleptiques, il a déjà été démontré qu'en réalité, ces agents fort décriés actuellement sont largement utilisés. Cette étude le confirme une nouvelle fois, auprès de 49 bipolaires dont les 2/3 s'avèrent couramment traités par neuroleptiques. L'intéressant est que cette population ne correspond pas à des cas particulièrement graves, puisque issus d'une file active n'ayant pas été hospitalisée depuis au moins un an. L'histoire ne dit pas si cette neuroleptisation est justifiée ou critiquable.
 
Novel alternatives and supplements to lithium and anticonvulsants for bipolar affective disorder.
DUBOVSKY S.L. and BUZAN R.D., The Journal of Clinical Psychiatry, 58 : 223, mai 1997
Voici une excellente synthèse sur les thérapeutiques alternatives aux thymorégulateurs dans la prise en charge du trouble bipolaire. Il s'agit d'un article de FMC, où sont abordés les électrochocs, les inhibiteurs calciques, les neuroleptiques, les benzodiazépines, les hormones thyroïdiennes, la lamotrigine, et même la psychochirurgie.
 
Suicidal behavior in bipolar I
and bipolar II disorder.
VIETA E. et coll, the Journal of Nervous and Mental Disease,
6 : 407-408, juin 1997
Pas de différence de comportement suicidaire entre les bipolaires de type I et de type II.

DÉPRESSION N°10 Janvier/Février 1998

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